Vous êtes prévenus : ici le fond prime nettement sur la forme – à son détriment, faut-il rajouter.
L’idée de base est certes révolutionnaire : non seulement Herbert J. Biberman réalise un film prolétarien en plein maccarthysme mais en plus il y rajoute une forte dimension féministe au milieu d’un groupe de mineurs mexicains machos jusqu’à l’os – joli coup porté aux bases socio-économiques du continent nord-américain. Du point de vue historique, c’est un précieux témoignage qui arrive tant bien que mal jusqu’à nous et qui nous permet de mieux comprendre in fine comment le monde de l’entreprise (les bourgeois) a pris le pouvoir, en contrôlant la justice et la politique et en annihilant le contre-pouvoir des syndicats (les prolétaires).
Toutefois, niveau formel, c’est bien plat :
- Les acteurs, soient-ils professionnels ou non, sont de manière générale, mal dirigés et médiocres ;
- Le scénario manque de nuances, chaque personnage étant enfermé dans son caractère avec une simplicité réductrice ;
- Le montage laisse grandement à désirer, avec des raccords parfois manqués, globalement bâclés ;
- La mise en scène souffre d’une indigence criante ;
- De mauvais tics de cinéma de genre empoisonnent certaines scènes, avec par exemple une musique incongrue de type western qui s’invite quand on ne l’attend pas.
En somme, un film au discours osé mais trop pauvre dans sa construction.
5.5/10