S'infliger le visionnage du Septième Sceau, c'est accepter de participer à une forme de masochisme intellectuel qui ne dit pas son nom. Présenté par une certaine élite comme un chef-d’œuvre absolu, ce film n'est en réalité qu'un voyage au bout de l’ennui dont on ressort épuisé, non pas par la réflexion, mais par l'ennui profond qu'il génère.
Le principal défaut de ce film réside dans l'attitude de Bergman : le réalisateur ne filme pas pour le public, il se regarde lui-même filmer. On est face à une œuvre qui cultive un entre-soi insupportable, destinée à une caste de critiques qui se gargarisent de symbolisme lourd et de silences pesants. Là où des réalisateurs comme Hitchcock ou Leone par exemple manifestent un respect total du spectateur et une maîtrise absolue du spectacle, Bergman semble mépriser l'idée même de divertissement ou de narration fluide. Pour lui, le cinéma n'est pas un partage, c'est une thérapie personnelle étalée sur grand écran.
Le scénario tient sur un ticket de métro : un chevalier qui joue aux échecs avec la Mort. Sous prétexte de questionner le silence de Dieu et le sens de la vie, le film multiplie les dialogues pompeux et les allégories grossières. C'est une perte de temps totale. On cherche désespérément un souffle de vie ou une émotion sincère dans ce théâtre filmé, mais on ne trouve que de la prétention. Le film ne "dit" rien, il pose des questions que tout adolescent se pose de manière bien plus directe, sans s'encombrer de ce décorum médiéval de pacotille.
Il faut bien concéder un point : la photo est soignée. Gunnar Fischer livre des contrastes noir et blanc magnifiques. Mais c'est là que le piège se referme. Cette esthétique léchée n'est qu'un cache-misère, un emballage luxueux pour un produit vide. Utiliser une belle image pour servir un propos aussi stérile est presque une insulte à l'intelligence du public.