L'autoritaire Madame Leroy-Gomez veut contraindre son dernier fils (Pierre Brasseur) à épouser une riche américaine.
Le décor de cette pièce de boulevard est un palace parisien où il apparait que le sexe faible n'est pas celui qu'on croit, suivant l'ironie du sujet d'Edouard Bourdet. Les hommes s'y montrent veules, médiocres ou nécessiteux. Les femmes commandent, séduisent, financent -au besoin des gigolos. Au cœur du dispositif, le distingué et serviable maitre d'hôtel Antoine est le témoin des turpitudes des protagonistes ; il s'entremet parfois ou conseille. Il est, dans l'esprit de l'auteur, le seul personnage digne de la comédie.
Ce sujet satirique qui égratigne le bourgeois méritait mieux que cette mise en scène poussive et sans idées de Robert Siodmak. Rien n'est drôle, même quand l'aristocratique Marguerite Moreno lorgne sur un jeune homme. Les personnages sont pour la plupart dans le surjeu, sans la moindre subtilité. Avec cette récurrence des comédies médiocres : l'accent espagnol (ou italien) dont on affuble un personnage (et même deux ici !), en tant qu'argument comique, on se demande bien pourquoi. José Noguero est insupportable et son cabotinage symbolise une adaptation balourde et sans causticité.