Un film français qui ressemble à tant d'autres... en pire. Comme souvent, je ne doute pas que « Le Sixième enfant » ait été réalisé avec de bonnes intentions, à l'image d'un sujet assez fort, rarement traité. D'ailleurs, le scénario tient dans l'ensemble bien la route, crédible, évitant le manichéisme pour offrir des personnages plus complexes, où rien n'est tout blanc ou tout noir (bien que certains soient clairement plus « coupables » que d'autres). On évite également certains aspects téléphonés pour mieux se concentrer sur les conséquences d'un tel pacte sur la vie des deux couples (surtout celui « adoptant ») au point de quasiment atteindre le point de non-retour pour l'un d'entre eux, offrant une poignée de scènes ne laissant pas indifférent.

Mais une fois qu'on a écrit cela... Certains diront que c'est déjà pas mal, et après tout peut-être auront-ils raison. À titre personnel, difficile de m'en contenter. Je suis sans doute un peu dur mais pour moi, ce genre de productions, c'est quasiment la mort du cinéma. Une fois de plus, je n'écris pas que c'est délibéré, le projet tenant manifestement à cœur Léopold Legrand. N'empêche, j'ai rarement vu autant de pauvreté formelle. Tout est triste, moche, à l'image de ce format 35 millimètres renforçant l'inadaptation totale au grand écran. Aucune idée, aucune recherche, presque aucune technique : ici, le cinéma n'est pas un art, mais juste un support pour raconter une histoire.

Comme si cela ne suffisait pas, le son est médiocre voire infâme, laissant planer le doute quant à mes difficultés à comprendre ce que disaient les acteurs, au point de ne parfois quasiment rien comprendre des dialogues, chose ne m'arrivant jamais pour des acteurs comme Sara Giraudeau ou Benjamin Lavernhe. Éventuellement pour l'histoire, donc, même si, bien que solide, elle ne présente finalement pas de grandes surprises. Surtout, comment reprocher aux gens de ne pas aller en salles pour un film autant dépourvu de qualités artistiques ? Préférer le cinéma à la télé ou aux plateformes, c'est bien. Se montrer digne de lui, c'est mieux.

Caine78
4
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2022

Créée

le 9 oct. 2022

Critique lue 1.1K fois

Caine78

Écrit par

Critique lue 1.1K fois

5
7

D'autres avis sur Le Sixième enfant

Le Sixième enfant

Le Sixième enfant

4

Caine78

8722 critiques

Mort-né

Un film français qui ressemble à tant d'autres... en pire. Comme souvent, je ne doute pas que « Le Sixième enfant » ait été réalisé avec de bonnes intentions, à l'image d'un sujet assez fort,...

le 9 oct. 2022

Le Sixième enfant

Le Sixième enfant

9

Elisa1968

5 critiques

Beaucoup d'émotions

C'est vrai que l'histoire pêche un peu par son invraisemblance mais je me suis cependant laissée embarquer par ce désir d'enfant et par ces 4 formidables acteurs, très justes dans leur...

le 29 sept. 2022

Le Sixième enfant

Le Sixième enfant

7

Trilaw

1923 critiques

« Vous voulez échanger votre enfant contre un camion ? »

Une mère est gravide pour la sixième fois tandis qu’un couple ne peut pas en avoir. Ils pactisent alors déraisonnablement.Adapté du roman au titre davantage poétique Pleurer des rivières, un geste...

le 28 avr. 2023

Du même critique

Nous finirons ensemble

Nous finirons ensemble

3

Caine78

8722 critiques

Possible de finir avec quelqu'un d'autre?

Je garde un assez bon souvenir des « Petits mouchoirs », que je n'ai pas revu depuis sa sortie (ce que je ferais prochainement). J'avais ainsi bon espoir que Guillaume Canet soit capable de...

le 11 mai 2019

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre

4

Caine78

8722 critiques

Attente meurtri(ère)

Cinq ans d'attente, avant que la crise sanitaire prolonge d'une nouvelle année et demie la sortie de ce 25ème opus, accentuant une attente déjà immense due, bien sûr, à la dernière de Daniel Craig...

le 7 nov. 2021

L'Origine du monde

L'Origine du monde

3

Caine78

8722 critiques

L'Origine du malaise

Je le sentais bien, pourtant. Même si je n'avais pas aimé « Momo », adapté du même Sébastien Thiéry, cela avait l'air à la fois provocateur et percutant, graveleux et incisif, original et décalé,...

le 25 sept. 2021