Découvrir Charlton Heston dans un film est toujours pour moi un grand bonheur.
En 1953, trois ans avant son interprétation de Moïse dans les grandioses 10 Commandements de Cecil B. De Mille et six ans avant le sommet, Ben Hur de William Wyler, Charlton promène déjà sa silhouette athlétique, sa beauté de statue grecque et son regard bleu dans plusieurs films d'aventures.
Après avoir été, l'année précédente, Le fils de Géronimo, enfant blanc élevé par les indiens suite au massacre de ses parents, le voici à nouveau dans un western en fils adoptif du peuple apache..enfin plutôt en ancien fils adoptif car il en a surtout retiré une haine tenace contre les indiens.
Ayant abandonné tout signe de ses années passées parmi les apaches, le héros de notre histoire est devenu éclaireur de l'armée et chargé de protéger les pourparlers de paix.
L'histoire du Sorcier du Rio Grande commence très mal puisque le personnage principal, Ed Bannon, dès les premières minutes du film, massacre deux indiens venus rencontrer l'armée et cause, ce-faisant la mort du général du Fort.
Ouvertement raciste, anti-indien, anti-espagnol et anti-armée, on sent que notre héros aura du mal à entraîner notre sympathie.
Tel est en effet le ton un peu étrange que prend le film dont on ne saurait vraiment qualifier l'intention: message raciste ou au contraire dénonçant le racisme....un peu des deux en fait.
Dans ce western hors normes, il ne semble pas vraiment y avoir de gentil, ni Bannon, ni les soldats qui humilient les indiens et les enferment dans des réserves, ni même les indiens qui arrivent pour parlementer mais qui ont l'intention de massacrer leurs interlocuteurs.
Dans le rôle du chef indien rebelle, Jack Palance, incarne un homme inquiétant, machiavélique et manipulateur. Sa lutte avec Bannon au sommet de la colline constitue le moment clé du film, bien que la scène soit plutôt rapide.
Charlton Heston ne pouvant pas, dans ce type de film, incarner quelqu'un de vraiment méchant, on entendra avec soulagement l'histoire de sa vie ayant conduit à sa haine des indiens et on le verra partir au secours des soldats assaillis, prenant dans la dernière partie de l'histoire le rôle que l'on attend certainement de lui, celui du leader, l'armée étant incapable de réagir à l'attaque surprise des indiens (!).
Un point de vue un peu simpliste et une vision de l'histoire de l'ouest qui fera aujourd'hui peut être un peu grincer des dents.
Reste néanmoins un joli western, opposant deux acteurs à la forte présence et permettant d'admirer la beauté des paysages naturels.
Le film est en partie inspiré de la vie d'Al Sieber, soldat, éclaireur et prospecteur, à la vie des plus aventureuses.