Curieux. C'est le premier mot qui me vient à l'esprit pour décrire « Le Sorcier du Rio Grande », dont les deux étoiles ne reflètent pas l'efficacité. Car j'ai passé un bon moment devant ce western bien fait et dynamique, offrant même quelques montées d'adrénaline des plus plaisantes. Non, ce qui m'a gêné, c'est cet aspect anti-indiens primaire transpirant quasiment à chaque minute, me posant vraiment problème pour adhérer au récit. Alors OK : Charles Marquis Warren fait l'effort pour tenter qu'ils ne sont pas tous méchants et haineux, mais en définitive c'est presque pire. Ces derniers sont en effet montrés comme des suiveurs, incapables de réfléchir par eux-mêmes et prêts à mourir pour un chef manifestement bien illuminé : si c'est ça la tolérance selon le réalisateur-scénariste... De plus, le film n'a pas peur d'en faire trop : alors que l'armée est prête à faire une confiance aveugle aux Chiricahuas, voilà que ces derniers la trahisse honteusement ! Tout cela parce qu'elle n'a pas voulu écouter Ed Bannon, qui lui savait parce qu'il a vécu dans sa jeunesse avec eux... Le tout à base de racisme ordinaire et de trahison raciale loin d'être subtils... Reste que malgré tout cet aspect grossier, l'œuvre n'en reste donc pas moins très professionnelle, traversée par quelques fulgurances et une poignée de belles idées, d'autant que l'opposition Charlton Heston - Jack Palance a vraiment de la gueule... Comme quoi, même un discours douteux peut être compensé par une mise en scène de qualité et un script haletant : « Le Sorcier du Rio Grande » en est la meilleure illustration.