En 1953, l'Apache des westerns est non seulement fourbe, il est traitre (comme sa couleur de peau le laissait deviner pour plagier OSS 117). Sanguinaire. Cruel. Superstitieux. Irrationnel. Fanatique jusqu'à tuer son frère de sang d'enfance pour n'avoir plus aucun lien avec les blancs bien que cela ne lui apporte finalement rien. L'éclaireur apache trahit la cavalerie. Et peu importe que les guerres apaches soit le résultats de l'invasion de leur terres ancestrales et le mauvais traitement infligés par le colons, c'est à peine évoqué ici. Certes les apaches n'étaient pas des saints, mais on a ici une vision assez blanche de l'histoire des États-Unis, qui était le discours dominant avant la prédominance des westerns révisionnistes dans les années 70.
Seule lueur dans ce qui pourrait ressembler rétrospectivement à un pamphlet raciste, l'éclaireur Bannon incarné par le toujours fabuleux Charlton Heston vaut à peine mieux qu'eux, puisque raciste sanguinaire lui aussi, le scénario nous dit du moins à cause de sa jeunesse chez les apaches, excuse bien trouvée. Personnage tiré des exploits de Al Sieber, qui lui n'avait jamais été élevé par les apaches. Son antagoniste Jack Palance a un charisme lui aussi imposant, malgré le monstre qu'a voulu faire de lui le scénario.
On a donc bien, malgré une bonne réalisation sans atteindre du John Ford, l'anti Little big man qui restera lui dans l'anthologie des meilleurs westerns.