« Ne bougeons plus, je vous prie. A trois, je vous la découpe en morceaux... Trois ! » Voilà ce que nous raconte Montag le Magnifique, le Sorcier macabre (The Wizard of Gore en VO) sur scène, lorsqu'il s'apprête à vraiment découper en morceaux des « assistants volontaires » choisis apparemment au hasard dans le public pour servir de victimes aux boucheries les plus gerbantes derrière un mur de fumée, pour ensuite les ramener indemne sur le devant de la scène pour faire ensemble une traditionnelle révérence. Le Sorcier macabre est le nouveau spectacle phare de l'underground du centre-ville angelin (alias de Los Angeles) qui passionne Edmund Bigelow, un journaliste qui se sape comme dans les années 20. Il y amène même Maggie, sa copine. Nous, le public du film sommes comme le public de la salle : C'est quoi l'astuce ? Où est le piège ? Les spectacles retournent vraiment l'estomac, et tout est fait dans une ambiance hypnotisante digne des cabarets des années folles où le prestidigitateur exécute ses tours pendables. Pour un peu, on se croirait presque dans The Rocky Horror Picture Show ! Et puis la perception du narrateur devient troublé par des hallucinations du genre Sex, Drugs and Violence, les macchabés des assistants sont retrouvés peu après les spectacles un peu partout dans la ville et on commence à se dire qu'on est en face d'un film d'exploitation. Mais il y a ce petit plus, cette ambiance poussiéreuse et attrayante, ce petit conte des bas-fonds de L.A. qui fait de ce Sorcier macabre un très bon cru pour tout ceux qui s'intéresse aux cabarets punks (notons d'ailleurs que les SuicideGirls ont participé au casting), et un véritable incontournable pour les amateurs des Evil Dead, L'empire des ténèbres (The Serpent and the Rainbow) et autres Braindead. Le Wizard of Gore est tout simplement une tuerie du genre film noir et gore avec des dialogues à couper au couteau, des acteurs qui ont vraiment l'air d'appartenir à un autre âge.