Le film démarre très abruptement, en plein suicide (apparent) d'une bourgeoise. S'en suit un générique totalement en décalage : une balade automobile dans Rome, au son d'une musique légère et enjouée, que l'on croirait sortie d'une comédie érotique italienne !
Musique qui sera répétée très fréquemment, laissant le doute planer. Est-on dans un giallo sérieux avec un brin d'humour noir, ou une étrange tentative de comédie morbide ? J'avoue que je n'ai pas pu trancher (sans mauvais jeu de mot).
Toujours est-il que sur le papier, le film ressemble aux gialli vénéneux de la fin des 60's, sur des bourgeois qui s'entretuent pour récupérer une fortune (le scénario évoque par moment "Paranoïa" d'Umberto Lenzi). Avec ici, un noble ruiné, bien content du décès prématuré de sa riche épouse, et qui vit avec sa belle maîtresse. Jusqu'à l'arrivée inopinée de la fille de sa défunte femme, héritière de la fortune...
Comme souvent dans ce type de film, le premier acte installe le mystère. Le second est assez mou. Et le troisième affiche une série de rebondissements musclés. Le tout soutenu par de belles actrices. Dont Jenny Tamburi, qui passe plus de temps à l'écran torse-nu qu'habillée (!).
J'avoue néanmoins que j'ai pu voir le film dans une copie bien restaurée en HD, permettant de profiter de pas mal de détails de réalisation. Notamment des jeux de couleurs vives sympathiques. Ou des décors très marqués 70's, qui se voulaient certainement clinquants et modernes (on est loin des intérieurs kitsch et chargés de chez Dario Argento). Lampes, canapés, mais aussi garde-robe : l'ambiance visuelle de "Il sorriso della iena" est pour le moins singulière !
Dommage que la mise en scène soit relativement sobre, si ce n'est par les jeux autour de la photographie.