Je me rends compte être particulièrement gentille avec ce film. Un 7 gonflé devient 8 parce que vraiment je trouve que Brad Pitt a un truc qu’aucun autre acteur ne possède. Une façon de bouffer un rôle, de se fondre dans son moule sans avoir besoin de se grimer, voire même se couper une mèche. Et puis parce que la fin est quand même bien sympathique et renvoie au fait qu’on peut aussi faire de bon biopic sur des petits losers.
A part ça, je n’y connais rien au baseball, mais vraiment rien. Je n’ai pas appris énormément car le film, sur ce point, est tout de même assez technique, même s’il parvient à faire comprendre les enjeux sans trop de mal. Il faut surtout le voir en prenant en compte l’envers d’un décor, le fait que derrière un sport adulé par toute l’Amérique se cachent des statistiques, des pourcentages, des tableaux Excel et que les joueurs ne sont que des pions que l’on s’échange en 5 minutes au téléphone.
Ce qui est surtout vraiment intéressant dans Moneyball sont les motivations de Beane. Il veut absolument faire gagner son équipe, constituer la team parfaite, alors qu’on a presque l’impression qu’il n’aime pas le baseball ! Il ne fait pas ça pour le pognon, ni pour la gloire, juste pour la beauté du geste. Il veut surtout se persuader qu’il n’a pas fait la plus grosse boulette de sa vie pour rien. Alors qu’à mon humble avis, il va réitérer la chose à la fin du film en devenant un loser magnifique. Le genre de type qui a une idée fixe et qui n’en démordra pas, quitte à passer à côté d’occasion en or massif. Une sorte de Sisyphe à qui l’on proposerait de monter son rocher pour lui, en lui offrant en prime des millions de dollars et qui répondrait « Non merci, c’est mon rocher à moi. »
Un héros contemporain en somme.