Le Système Victoria est un film obsédé par le pouvoir, où chacun exerce son emprise sans jamais questionner son propre rôle dans la soumission de l’autre. Tragique dans son propos, il l’est surtout par l’absence totale de discours cohérent et abouti.
Dans un premier temps, le film esquisse l’opposition entre le monde ouvrier et l’élite économique, mais cette dialectique s’évapore dès que Victoria et David entament leur romance absurde. La scène de leur première nuit laisse entrevoir une réflexion sociale, vite balayée par une coupe de champagne et une crevette refusée. David, qui semblait d’abord animé par un sursaut de révolte, finit par devenir aussi insupportable que ceux qu’il dénonçait. Tour à tour possessif et autoritaire, il incarne un personnage aux archétypes détestables.
Le récit oscille entre deux axes qui peinent à cohabiter. D’un côté, le portrait du monde du chantier, entre impératifs absurdes, promoteurs cyniques et tensions inhérentes à un projet architectural démesuré. De l’autre, une romance fondée sur l’admiration aveugle et maladroite du héros. L’articulation entre ces deux dimensions est inexistante, plombée par des dialogues artificiels et des personnages principaux à la psychologie trop schématique et des personnages secondaires caricatureux.
Sur le papier, Le Système Victoria pouvait séduire. Mais entre un propos social édulcoré et une histoire d’amour improbable, il ne reste qu’un assemblage malhabile, où tout sonne faux.