Excellent film vu en vostfr au cinéma en présence de la restauratrice du film, lequel, sans elle, a failli disparaître. Elle a eu la chance de rencontrer le réalisateur en 2020, à ses 96 ans, lequel savait que son film était en cours de restauration mais n'a pas pu le découvrir restauré, décédé à presque 98 ans, en 2022. Alors,il s'agit d'un film d'une importance capitale. Venise en 1943, rebelle et résistante. La ville est quasi déserte et c'est voulu par le réalisateur. Il s'est surtout attaché à démontrer les rouages politiques de la belle Venise de l'époque, abîmée par la présence des SS. De politique complexe il est question, entre les opposants au fascisme, les résistants et les délateurs prêts à tout pour faire "tomber" leurs "ami(e)s. La force du film réside dans l'incessant va et vient de Gian Maria Volonté, excellent, présent de loin, s'occupant à attaquer la Kommandantour vénitienne, et passant son temps à se cacher. A un moment donné dans le film, on est ravi de le voir débarquer, à l'improviste, auprès de connaissances rassurantes, chez qui réside son épouse, incarnée par la belle Anouk Aimée, à peu près le même âge que Gian. Un moment apprécié de bref répit durant lequel ils ont le temps de s'aimer, après 3 mois de séparation et pour Gian, juste le temps de dire à son épouse, d'embrasser le bambino. De superbes plans de Venise, du pavé humidifié par la pluie, des gondoles et des ponts, hélas la ville est occupée. L'on y entend la propagande fasciste via un haut-parleur, que Gian alias l'ingénieur (Renato Braschi), fait sauter. Par la suite, un attentat contre la gazette aura lieu et 20 otages seront fusillés en représailles. Assez compliqué, politiquement parlant, entre le socialisme, le communisme, le fascisme, l'église. L'ingénieur joué par un Gian Maria Volonté trentenaire, excellent, réussira à abattre un tortionnaire SS. À nouveau des représailles auront lieu et six otages seront fusillés par les fascistes. Il est question du G.A.P. et de ses membres. Ceux qui sont allés à Venise pourront découvrir, non loin de la place St Marc, le long du quai, les indications du tournage du final. Ce dernier prend aux tripes. À sa sortie, le film a été accueilli de manière mitigée en Italie: 50% acclamé par la Gauche, et 50% mal accueilli par la Droite, dixit la restauratrice du film. Elle est italienne et son métier passionnant est de restaurer des films. Elle dispose de son propre catalogue, hérité aussi de son père, au même métier. Elle est propriétaire du film, mais se considère dépositaire d'une oeuvre d'Art qu'elle a restaurée, dans le but de le faire découvrir aux jeunes générations. Le film est basé sur des faits réels qui se sont passés en Lombardie. À la suite de la diffusion de ce chef d'oeuvre un peu oublié, une projection a eu lieu sur le travail de restauration. J'en écrirai un peu plus tard quelques notions très interessantes. Le film aurait été comparé à du Melville mais la restauratrice dément cette notion. J'ai remarqué la présence de Philippe Leroy-Beaulieu, qui interprète le rôle de Rodolfo Boscovitch (acteur du très bon film "Le Trou" de Jacques Becker. "Le Terroriste" (Il Terrorista) est un très bon film sur la Résistance, dans une Venise hostile, vidée de ses habitants, sauf à de rares moments et à l'atmosphère glauque. Pour en revenir au GAP, le réalisateur, né le 16/9/1924, a connu un membre du GAP qui préconisait : Un attentat par jour. Il a voulu présenter Braschi comme un simple homme et non comme un héros. En tous les cas, l'homme Gian Maria Volonté était un homme politique influent, derrière l'acteur. Il nous a quittés le 6/12/1994, à seulement 61 ans, d'une crise cardiaque, vraisemblablement. Il a été membre du Parti communiste italien jusqu'en 1977, également conseiller régional du Latinium, mais 6 mois plus tard, a démissionné. Il recherchait la démocratie et se rendait compte qu'il perdait son identité. En 1992, candidat du parti démocrate de la gauche aux élections générales de 1992. Bon, le reste est indiqué sur Wikipédia pour ceux/celles intéressé(s). Ce fut un plaisir de voir un tel film restauré, en noir et blanc et avec un couple magnifique et charismatique à l'écran, tel que Gian et Anouk, qui, elle, nous as quittés le 18/6/1924, à 92 ans, soit, 30 ans après la disparition de Gian Maria Volonté, son partenaire dans ce film là et d'autres..Sinon, le film est sorti en 1963 en Italie et seulement en 1965 en France où il a été très bien accueilli.