Le film bénéficie d'une belle restauration. La photographie est superbe et l'atmosphère des années 1950 bien rendue, tant sur le plan psychologique que sur le milieu du travail.

C'est quasi un documentaire précieux de toute une époque révolue.

Voir Gabin, imperturbable, malgré ce qu'il lui arrive, reste un régal.

Ses réparties sont très jouissives: "Si le mariage est un jeu de cartes qui se joue à deux, la bataille, aussi, ça s'joue à deux", "Une femme, plus d'femme, c'est la vie - une licence, plus d'licence, c'est la vie", répond-t-il à la mère de Mimile, sans oublier "J,vous paye pour surveiller les enfants, pas pour m'en faire", à Mademoiselle, la gouvernante, laquelle tente de "profiter de la situation". etc...Le tout, avec des dialogues plein de gouaille tout le long du film.

Nous sommes bien dans les années 50, la femme ne détient pas les cordons de la bourse (je pense au moment où elle glisse quelques bijoux dans son sac), histoire d'avoir de quoi peut-être payer la chambre où elle vit quelques temps avec son amant, complètement fauché, voir endetté, à son retour d'Afrique. Un amour de jeunesse qu'elle a recontacté, envahie par l'ennui de sa situation de bourgeoise, n'ayant même pas à s'occuper de ses enfants puisqu'il y a la gouvernante.

Une belle scène au début dans le port de la Rochelle et des succcessions de scènes intéressantes avec des personnages haut en couleur. Le bac de l'île de Ré etc...

L'ascenseur social est passé par là et Cardinaud, parti de bas, n'en fait pas toute une histoire même s'il attise la jalousie et la convoitise.

Son unique préoccupation du moment est de récupérer son épouse, ignorant quolibets et autres réflexions à son encontre et mettant sa fierté dans sa poche.

"Passé le p'tit frisson", il se rend compte qu'il a négligé sa femme, issue d'un milieu simple et compte bien la récupérer...

Le roman, que je n'ai pas lu, n'a pas forcément le même final, même si l'ambiance y est bien restituée.

Et puis, j'ai bien envie d'ajouter que Gabin devait être dans son élèment (je pense à "la Marie du Port", entre autres, lui qui a choisi que ses cendres soient dispersées au large de la mer d'Iroise)..

Décidément, je n'ai jamais été déçue par Gabin.


PassionArt7
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le 7 août 2025

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