Grâce aux nombreuses scènes comiques et à un James Cagney toujours aussi sympathique, le film est plaisant et le spectateur s’accommode des facilités scénaristiques.
Il faut dire tout d’abord que James Cagney a tout de l’acteur d’exception, sa seule présence suffisant à gagner le public, même quand le film est un peu bâclé. Son aura, son charisme, sa bonhomie, son rôle d’homme de la rue / beau parleur / drôle / séducteur / malin / roublard / un peu fou et voyou sur les bords, tout cela couplé à des valeurs de la rue comme la franchise, l’impossibilité de trahir, la défense des plus petits, le courage et le coup de poing fédérateur font de lui une sorte d’idole populaire dont l’amoralité (précédant le Code Hays) est vite absoute. Dans Le tombeur, il fait en outre preuve d’un humour, entre sarcasme et pointe de folie, qu’on méconnaissait : la scène « Mickey Mouse » quand il est ouvreur de cinéma, celle des singes et autres animaux offerts pour l’anniversaire de sa bien-aimée et surtout celle, hilarante et jouissive, des mots mangés par le critique de ses films dans son « bureau ». Signalons aussi cette scène « choc » où il met à la porte l’une de ses conquêtes d’une façon pour le moins brutale – rappelant le pamplemousse écrasé dans Public Enemy sur le visage de la même Mae Clark.
Remarquons aussi ce retour de bâton fréquent chez les personnages de Cagney, avec l'impertinence de ses anciens compères qui traduit la persistance du passé, la mémoire de l’origine et l’impossibilité de se refaire totalement, malgré le succès de la carrière et le changement de voie morale.