Que dire, sinon que ce film est un thriller complétement cliché ? J'ai toujours du mal avec ce genre de films où les personnages pourraient s'en tirer sans trop de problème s'ils avouaient tout immédiatement, mais préfèrent se taire et mentir afin de sauver leur peau. S'ils ne le faisaient pas il n'y aurait pas de film, me direz-vous. Et bien ce ne serait peut-être pas plus mal, vous répondrais-je.
Soyons clair cependant, Le Torrent n'est pas un mauvais film. Seulement, il n'est pas bon non plus, ce qui est presque pire car il est simplement oubliable.
Si André Dussolier (qui interpète le père de Juliette) est magistral dans sa tristesse contenue, les autres acteurs ne sont pas mauvais mais tout aussi oubliables que le film. Il faut dire que le développement des différents personnages et les dialogues n'arrangent rien. Mention spécial au fils de Juliette et Alexandre, un personnage aussi stupidement idiot qu'irritant, dont le rôle au sein du film n'est que de demander où est sa mère trois fois par séquence, même une semaine après l'enterrement de celle-ci.
Techniquement, le film n'est pas raté. L'image et le son font très bien leur travail, mais sans être transcendants. Là encore : pas mauvais ni vraiment bon, juste oubliable.
Enfin, le gros point noir du film qui fait que je ne lui donne pas le neutre "5" vers lequel tends sa qualité de film oubliable, c'est à cause de sa fin, que je vais raconter en dessous.
La vérité finit par éclater. Alexandre (José Garcia) est jugé pour homicide volontaire, puis pour homicide involontaire, et n'est finalement condamné qu'à de la prison avec sursis. Le film se finit donc sur le père qui retrouve sa famille comme si de rien n'était. Un plan ou deux montrent que Juliette manque à son fils, et c'est tout. Quelle est la morale de cette histoire ? "Faute avouée (même par quelqu'un d'autres après des jours de mensonges à la police) à moitié pardonnée" ? Et s'il s'en sort sans problème lorsque la vérité éclate, à quoi ont servit ses mensonges ? Seulement à faire perdre du temps à la police, ainsi qu'aux spectateurs.
Une fin comme celle-ci, surtout dans le contexte actuel où les victimes de violence conjugale semblent plus nombreuses chaque année, laisse amer.