Un panorama assez général de la fantasy, plutôt bien réalisé dans la forme.
Je regrette que les romans chevaleresques n’aient pas été évoqués. Ce sont les véritables précurseurs du genre.
Je regrette surtout que les auteurs de ce documentaire se soient accaparés le genre pour en faire un outil de combat idéologique. Non, la fantasy n’est pas une contre-culture. Non, les pionniers de la fantasy n’ont pas été que des hippies, des gens mal dans leur siècle et des marginaux.
Non, la fantasy n’a pas été « touchée de plein fouet par la lame de fond conservatrice » dans les années 80. Seuls les jeux de rôle ont été visés par quelques évangélistes et autres fondamentalistes ; l’affaire a été amplifiée par les médias dans une polémique qui a fini par faire long feu faute d’événements sensationnels. Ronald Reagan n’a rien à voir dans cette affaire.
Non, la Fantasy n’est pas qu’un refuge pour s’évader des horreurs du monde réel.
Non, la plupart des oeuvres de fantasy ne dénoncent pas les travers de notre civilisation et ne militent pas pour les idéaux progressistes ou contestataires. Pour cela il faut plutôt regarder chez sa cousine la science-fiction.
Ce documentaire ne manque pas de qualités (l’intervention de Robin Hobb) mais il propose une vision bien réductrice d’un genre bien plus universel que le documentaire le laisse paraître.