Politique et aventure n'ont jamais fait bon ménage

Hésitant entre le ton léger de l’aventure et le ton grave du pamphlet politique, Ralph Nelson n’est pas toujours convaincant. C’est dommage car il y avait évidemment matière dans cette Afrique du Sud des années 1970 de livrer un récit fort et marquant. Si la violence de certaines situations saisit par endroits, on regrette qu’un esprit de buddy movie avant l’heure ne cesse d’enrayer la machine. Heureusement, d’ailleurs, que les deux rôles principaux soient tenus par deux acteurs d’aussi grand talent, autrement l’ensemble aurait eu tôt fait de capoter. Cela est d’autant plus vrai que le récit se double d’une histoire de diamants qui renforce la sinuosité du propos. Cela ne fait que renforcer notre scepticisme face à notre joli duo qui ne cesse de se chamailler alors que des groupes armés n’hésitent pas ici ou là à exécuter opprimés ou oppresseurs. Le final est, à ce titre, d’une totale noirceur au moment où le ton est le plus à l’aventure. Soyons honnêtes, ces brusques changements de ton sont franchement désarçonnants.


L’ensemble réserve de bons moments, mais le ton ne suit pas le rythme et réciproquement. La figure de Nicol Williamson en militaire sans scrupule fait, certes, merveille, mais il est affublé, lui aussi, d’un acolyte, au demeurant fort sadique, dont le physique et les sarcasmes ont tendance à désamorcer la menace qu’il est sensé incarner. Le personnage de Rutger Hauer (qui ne tient qu’un petit rôle mais dont la présence est marquante) souffre également d’être assez mal écrit. On ne s’ennuie cependant pas puisque les péripéties de notre duo sont multiples et que le discours politique est, bien évidemment, très intéressant. Cependant, le sujet paraît, au final, à peine effleuré, et le résultat bien au-deçà de ce qu’il aurait pu être.


En réalité, le film incarne parfaitement le cinéma de Ralph Nelson encore marqué par la période classique hollywoodienne et qui ne parvient pas à s’insérer dans le Nouvel Hollywood alors que le sujet de ses œuvres touche, le plus souvent, le racisme. Le traitement ici aurait mérité plus de modernité alors qu’il s’enferme dans une Afrique de carte postale (les scènes tournées au Kenya au lieu de l’Afrique du Sud n’arrangent rien) et des personnages trop stéréotypés, celui de Michael Caine excepté. Le film n’a pas traversé les âges et on peut en comprendre les raisons. C’est intéressant mais son traitement est suranné.


5,5

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le 19 déc. 2025

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