Il faut un certain temps dans le film pour s'en faire une opinion. Ce serait normal s'il devait maturer, mais la cause en est malheureusement l'insipidité. En gros, Le Virtuose, c'est Les Choristes en Amérique, sauf qu'il y en a qu'un, que c'était prévu pour être mieux et que ça a raté.
L'histoire avance on ne sait z'où, d'abord avec un bon rythme, plutôt bien ponctué par l'arrivée du personnage du père (Josh Lucas) dont le dilemme, quoique raccourci, est plaisant. Le fait est que les raccourcis vont pulluler et réduire en cendres le potentiel divertissement qu'on peut tirer de ce visionnage :
- d'une, on veut montrer avec subtilité qui est le père, mais on passe de l'ignorance à la chose accomplie sans jamais douter ;
- de deux, le personnage de Garrett Wareing (depuis peu orphelin, avec
tout le bagage psychologique que cela implique), intéressant parce
qu'il entre dans le monde de la musique sans la connaître, apprend le
solfège instantanément, apparemment sans que le réalisateur se rende
compte de l'opportunité qu'il avait de rendre son œuvre palpitante
ici (il préfère développer des confrontations nulles entre les élèves
pour ça) ;
- de trois, on n'a aucune idée que le même personnage réussit son
audition, et de quatre, qu'il atteint le mythique contre-ré, qui
était pourtant si joliment promis (c'est à peu près le seul truc
vraiment réussi du film).
Aucun aspect du film n'est poussé autant qu'il pourrait l'être. Il frise le cliché dans les grandes trames qui se prétendaient les piliers du scénario (la revanche de l'élève teigneux, le prof grincheux qui revient sur son opinion... Même Eddie Izzard ne relève pas le niveau) et se retranche à temps derrière un réalisme comblant ses lacunes par une humanité très convenue, mais qui permet à tout le moins de provoquer une catharsis tardive. Je lui mets la moyenne pour la constance dont il fait preuve dans son malheur, et pour le casting des enfants.
Quantième Art