Passé relativement inaperçu mais bénéficiant de bons retours, ce film réalisé par Daniel Roher m'intriguait pas mal mais soyons honnêtes deux secondes, j'avais aussi un peu la flemme de me taper un thriller jazzy et prévisible au cinéma. Alors, ce n'est pas nécessairement un reproche car le film peut être plutôt bon comme ici mais n'en reste pas moins qu'il est donc prévisible.
Avec son approche un peu nonchalante propre au "thriller jazzy" (qui est quasiment un sous-genre selon moi), tant dans la construction des personnages un peu à part mais pas trop que de l'intrigue qui virevolte au rythme non pas des guitares mais des pianos et des trompettes, avec cette petite couche d'humour, c'est sympa mais ça peut très vite devenir un peu gonflant. Heureusement ici, c'est assez maitrisé et puis ça s'accorde bien au thème du film puisque l'on y suit un accordeur de piano qui, pour sauver son ami, met son oreille absolue au service de criminels spécialisés dans l'ouverture des coffres.
Encore une fois, tout est absolument prévisible, de la petite amie au mentor en passant par la partie idylle qui va nécessairement virer au drame, tout est téléphoné. Ce qu'est dommage dans un thriller quand même mais heureusement, le film ne mise pas tout là-dessus.
Heureusement, nous avons des personnages attachants bien que caricaturaux, comme cet anti-héros renfermé qui s'ouvre au fur et à mesure grâce à sa nouvelle relation. Et puis les acteurs sont bons, notamment Leo Woodwall, révélé par "The White Lotus", qui porte le projet à bout de bras et nous ferait presque du "Baby Driver" par moments mais bon, on peut tout pardonner à ces yeux qui feraient tomber n'importe qui. Puis bon, y'a aussi Havana Rose Liu, Dustin Hoffman et Jean Reno dans le fond.
Bref, "Le Virtuose" n'est certainement pas un grand film mais se laisse regarder sans déplaisir.