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Faux-semblant
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Le visage s'inscrit sous le signe du faux, du mensonge, de l'imposture, de l'artifice, des apparences, et, par mise en abîme, de la fiction que le drame (au sens théâtral) et, par dérivation bergmanienne, le cinéma représentent. En effet, chez Bergman, le visage, c'est ce qui s'oppose et en même temps se fond au masque, persona en latin, mot qui renvoie (et ce n'est pas un hasard) à l'une de ses meilleures œuvres, postérieure à la présente.
Sous l'apparente simplicité de l'intrigue se cache un film complexe, baroque presque (pourquoi l'Italie l'aima tant au point de lui discerner le prix du Jury à Venise), avec de multiples strates de signification, rejoignant ainsi la structure du film qui d'une réalité sociale (peinture de mœurs de l'époque, quotidien d'une troupe de magiciens et des domestiques, vie provinciale, bourgeoisie athée mais dogmatique, ...) élabore une ré-présentation (le film en soi, jouant avec cette réalité, s'en éloignant parfois grâce au droit de mentir, de fabuler propre à la fiction) qui sera elle-même l'objet d'une représentation (la mise en scène des magiciens). Ainsi derrière le simple drame social se cache à la fois une satire de ce monde bourgeois étriqué dans des valeurs scientifiques sans émotion ni foi et, plus profondément, une réflexion sur la possibilité du métaphysique et le droit de croire.
La mise en scène joue principalement sur l'éclairage (excellent par ailleurs) les clairs-obscurs dans la tradition du cinéma nordique que ne renierait pas Dreyer; une photographie toujours aussi recherchée; des scènes remarquables, comme celle du grenier; une écriture proprement dramatique ayant fortement inspirée les générations futures (Vinterberg en tête).
Malgré quelques invraisemblances justifiées par la dialectique du vrai et du faux, une certaine saturation de sens que les rares temps d'arrêt ne comblent pas, et une fin assez bâclée, Le Visage demeure un film très travaillé, riche en réflexion et d'une très bonne facture. 7,5/10
Créée
le 28 juil. 2018
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