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Un rêve
La structure adoptée par "Le Voyage imaginaire" a de quoi être déroutante, avec sa dichotomie un peu artificielle scindant le film en deux parties : une première très basique en matière de comédie du...
le 30 août 2025
La structure adoptée par "Le Voyage imaginaire" a de quoi être déroutante, avec sa dichotomie un peu artificielle scindant le film en deux parties : une première très basique en matière de comédie du muet, autour des déboires d'un employé de banque timide et secrètement amoureux de la dactylo, et une seconde beaucoup plus excentrique, en prise directe avec l'imaginaire fantasmagorique d'un Méliès, qui le verra transporté dans un univers foutraque — la maison de retraite des vieilles fées. Deux grands problèmes à mon sens, puisque d'une part les deux actes presque indépendants communiquent péniblement (au moyen d'un passage de tunnel loufoque façon "Alice au pays des merveilles"), donnant l'impression d'être mis bout à bout de manière un peu brutale, et d'autre part toute la séquence enchanteresse au royaume des vieilles fées, avec son univers extrêmement baroque, se retrouve in fine encapsulé dans la facilité du "ce n'était qu'un rêve" que le scénario nous impose de manière franchement maladroite et décevante.
Reste à savoir si on est en capacité de se contenter d'apprécier les parcelles agréables de pellicule, en fermant les yeux sur le reste... À mes yeux la première partie est un peu coincée dans son comique de situation peinant à élever le niveau du muet classique de 10 ans auparavant : pas très drôle, pas très palpitant. En revanche, si l'on oublie un instant la jointure chaotique avec le reste du film, le passage au royaume des (vieilles) fées est source de nombreux délires qui peuvent se savourer sans forcer. On a droit à plusieurs tableaux burlesques, des passages de portes sous forme de mâchoires acérées (en papier), des pièces inversées (on rampe au plafond), un passage à Notre-Dame puis au musée Grévin complètement surréaliste (avec un Chaplin, une transformation en chien, et un passage à la guillotine). On peut voir ce passage du scénario comme un prétexte pour compiler une palette d'effets spéciaux de l'époque, mais il conserve un niveau de charme pas négligeable.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Top films 1926, Mon cinéma muet, Avis bruts ébruités, Réalisateurs de choix - René Clair et Cinéphilie obsessionnelle — 2025
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le 30 août 2025
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