Le Zèbre
5.3
Le Zèbre

Film de Jean Poiret (1992)

Deuxième film que je découvre d'après un roman d'Alexandre Jardin (sans doute aurais-je été moins indulgent si j'avais lu celui-ci), et manifestement une question taraude constamment l'écrivain : comment être capable de maintenir coûte que coûte la passion au fil des années. Si « Fanfan » montrait un héros ambitionnant de faire une cour à vie à l'être aimée, « Le Zèbre » présente un protagoniste déjà marié prêt à tout pour surprendre son épouse et garder brûlante la flamme qui l'anime. Un peu comme si le Alexandre de « Fanfan » s'était marié et avait eu des enfants...


Je trouve cette question vraiment très intéressante, le contexte et les situations étant suffisamment différentes pour éviter une répétition totale. Néanmoins, on sent qu'il n'est pas évident de se renouveler et que le thème ne présente finalement pas tant de possibilités, le faux suspense autour du mystérieux inconnu prêtant surtout à sourire (olala, quelle surprise que l'identité de l'auteur!!). Mais bon, globalement ça se tient : c'est assez vif, romantique à souhait, le côté aussi bien irrésistible qu'insupportable d'Hippolyte étant habilement montré, cohérent dans sa logique jusqu'au-boutiste.


Surtout, cette passion pour sa femme est rendue totalement crédible par la présence de Caroline Cellier, d'une beauté à se damner et d'une élégance rare, qui ferait effectivement tourner la tête de l'immense majorité de la gent masculine. Pour son premier (et dernier) film en tant que réalisateur (il décédera quelques mois avant la sortie du film), Jean Poiret ne fait pas d'étincelles (je ne sais pas si c'est la qualité de la copie, mais l'image laisse franchement à désirer), mais signe une œuvre attachante, légèrement lassante et survoltée (Thierry Lhermitte se lâche comme jamais) mais ne cédant pas trop à la facilité (je pense en particulier au dénouement), dotée d'une jolie musique et donc une belle déclaration d'amour de l'acteur du « Dernier Métro » à sa femme (Caroline Cellier, donc), pour lequel on l'imagine presque aussi fébrile que son héros. Au vu des critiques parfois assassines, vraiment pas si mal.

Caine78
6
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films avec Thierry Lhermitte

Créée

le 4 août 2020

Critique lue 586 fois

Caine78

Écrit par

Critique lue 586 fois

2

D'autres avis sur Le Zèbre

Le Zèbre

Le Zèbre

6

takeshi29

1682 critiques

Jardin pas si mal, un exploit !!!!!

Sur une idée de départ un brin "gentillette" comme souvent avec Alexandre Jardin, Jean Poiret dresse un beau portrait de couple et émeut tant ce film ressemble fort à une gigantesque déclaration...

le 26 oct. 2011

Le Zèbre

Le Zèbre

6

Caine78

8722 critiques

Tout feu, tout femme

Deuxième film que je découvre d'après un roman d'Alexandre Jardin (sans doute aurais-je été moins indulgent si j'avais lu celui-ci), et manifestement une question taraude constamment...

le 4 août 2020

Le Zèbre

Le Zèbre

8

bastou75

43 critiques

Critique de Le Zèbre par bastou75

Ma critique la moins fiable, la moins objective, ayant appris en plein visionnage du film la disparition de ma mère qui l'avait vu et l'adorait. Triste hasard.... Doublement triste connaissant le...

le 20 févr. 2013

Du même critique

Nous finirons ensemble

Nous finirons ensemble

3

Caine78

8722 critiques

Possible de finir avec quelqu'un d'autre?

Je garde un assez bon souvenir des « Petits mouchoirs », que je n'ai pas revu depuis sa sortie (ce que je ferais prochainement). J'avais ainsi bon espoir que Guillaume Canet soit capable de...

le 11 mai 2019

Mourir peut attendre

Mourir peut attendre

4

Caine78

8722 critiques

Attente meurtri(ère)

Cinq ans d'attente, avant que la crise sanitaire prolonge d'une nouvelle année et demie la sortie de ce 25ème opus, accentuant une attente déjà immense due, bien sûr, à la dernière de Daniel Craig...

le 7 nov. 2021

L'Origine du monde

L'Origine du monde

3

Caine78

8722 critiques

L'Origine du malaise

Je le sentais bien, pourtant. Même si je n'avais pas aimé « Momo », adapté du même Sébastien Thiéry, cela avait l'air à la fois provocateur et percutant, graveleux et incisif, original et décalé,...

le 25 sept. 2021