Inspiré de l'histoire vraie de Lea Garofalo, « Lea » décrit le combat d'une femme pour échapper à la mafia et protéger sa fille.
Lea a grandi dans une famille criminelle en Calabre. Carlo, le père de sa fille Denise est aussi membre de la mafia. Lea aspire cependant à une vie différente pour sa fille, sans violence, ni peur ni mensonge. Elle décide de coopérer avec la justice, pour bénéficier du régime de protection des témoins et ainsi tenter de s'enfuir. Commence alors une errance sans fin pour elle et sa fille…
« Lea » a été réalisé par Marco Tullio Giordana qui s’est spécialisé depuis le début de sa carrière cinématographique dans les récits réalistes et tragiques inspirés d’histoires vraies criminelles ou politiques. Le réalisateur a commencé sa carrière dans les années 70 durant une période très instable de l’Italie marquée par les années de plomb les brigades rouges et l’attentat de la gare de Bologne.
Dans « Lea », le réalisateur étudie dans le détail le code d’honneur de la mafia calabraise, la « Ndranghtea » au travers du destin de cette femme qui décide de quitter son mafieux de mari alors qu’il se trouve en prison. Seule contre tous, soutenue mollement par la police italienne, elle gardera comme objectif de protéger sa fille de son milieu d’origine contre vents et marées.
Le film est poignant et se regarde comme un thriller. Les actrices et acteurs sont criants de réalisme notamment Vanessa Scalera, l’interprète de Lea et Alessio Pratico, son mari prêt à tout pour l’éliminer.
Ce qui ressort également du film, c’est l’écrasement d’une population par un système mafieux implacable et cruel et le fatalisme des victimes comme en témoigne l’attitude de la mère de Lea.
Enfin, Linda Caridi est excellente dans le rôle de Denise arrivée à l’adolescence, modèle de résilience et de courage qui déplacera des montagnes pour faire éclater la vérité concernant la disparition de sa mère.
Vous l’avez compris, « Lea » se situe aux antipodes des films de mafia romantiques.
La fin du film est très émouvante, elle vous tirera peut être quelques larmes….c’est loin d’être exclu.