Lee Miller
6.2
Lee Miller

Film de Ellen Kuras (2023)

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Lee Miller fait sans aucun doute partie de ses femmes qui ont servi l'Histoire, sans pour autant connaître ni le mérite ni la reconnaissance. Et donc lui décerner tout un biopic s'avère être une nécessité d'importance, ne serait-ce que pour raconter ce que cette personnalité a pu faire lors de son existence. Encore fallait-il que le projet soit à la hauteur de la personne et cela, le long-métrage éponyme n'y parvient aucunement. Je ne nie pas que Kate Winslet porte littéralement le film sur ses épaules, son interprétation étant investie - en même temps, la comédienne est excellente de base, ce n'est clairement pas une nouveauté. Ni que certaines séquences s'avèrent puissante, notamment la découverte du camp de concentration ou bien quand Miller s'emporte sur la non publication de ses photos. Il y a quelque chose de fort lors de ces deux passages, qui montrent une certaine maîtrise de la mise en scène. Quant au reste, tout n'est que fadeur et superficialité. Lee Miller n'est qu'une page Wikipedia filmée qui déroule son contenu sans jamais prendre le temps d'analyser ou d'imager ce qu'il raconte. Comment une mannequin en est devenu à être photographe de guerre ? Les notions psychologiques et féministes imposées par cette question passent à la trappe. Que représente le rôle de photographe de guerre ? Qu'est-ce qui peut donner la force à une personne pour juger capturer une image devant une tuerie ? Devant des corps, séquelles d'une immense monstruosité ? Jamais le film n'évoque ces thématiques pourtant induite par un tel projet, le rôle de photographe étant ici réduit à une simple fonction. Quel peut avoir l'impact des photos sur notre perception ? Le film aurait pu aborder cela s'il usait ou donnait l'impression d'utiliser les véritables images prises par Lee Miller. L'ensemble rappelant constamment par sa mise en scène l'aspect reconstitution de l'ensemble, et conférant du coup une certaine distance avec l'horreur des photos. Pour le reste, le film suit de manière mécanique le parcours de cette femme. De sa romance jusqu'à son passage sur le front, en passant par son envie d'y assister. Lee Miller ne va pas plus loin que cela, en balançant quelques idées féministes insérées au forceps dans le récit. Il faudra que l'inévitable carton de générique de fin arrive pour se rendre compte de l'importance de cette femme de l'ombre. Malheureusement, le film ne parvient pas à faire ressentir toute l'ampleur de son vécu, la transformant en simple spectatrice de sa propre histoire. Bref, un biopic vain et oubliable.

Créée

le 24 juin 2026

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