Lee Miller
6.2
Lee Miller

Film de Ellen Kuras (2023)

Le film commence à la fin des années 30, Lee Miller est un mannequin-modèle qui est passé « de l’autre côté de la caméra » en devenant photographe.

La poésie est dans l’image et dans l’action, c’est le thème. On voit au début Lee riant avec ses amies modèles, entourées d’artistes. Elles explorent de nouvelles façons d’être au monde, seins nus, parole assurée, regard vif et critique. Elles sont fières et pionnières. Leur élan, leur engagement sera le moteur de toute leur vie, et de la nôtre indirectement.

Arrive la guerre et tout ce petit monde va se trouver dispersé. Lee est à Londres, elle fait des photos de femmes que seule une femme peut faire. On voit bien le regard différent, et la liberté qu’il faut prendre pour l’affirmer. Pour s’affirmer en tant qu’artiste, femme, on dirait simplement humaine en face l’inhumanité des nazis.

C’est cet engagement, merveilleusement porté par l’actrice pendant tout le film, qui nous enchante. Elle bouge, agit, parle, regarde, crée. C’est l’histoire en marche, dans un corps, une voix et un œil.

Au personnage je mets donc 10/10. Dommage que le scénario, la réalisation, la photo, la production ne soient pas à la hauteur.

Le scénario copie celui du merveilleux « une vie », grand succès et aussi grand acteur, mais cela ne rajoute rien sinon à montrer qu’à la fin de sa vie, Lee consommait toujours autant de cigarettes et d’alcool.

La réalisation, pauvre, se limite à raconter, sans imagination dans les plans, avec peu de mouvement de caméra, pas de travelling, alors Lee est une femme d’action. Si on compare ne serait-ce qu’au récent « A l’ouest rien de nouveau », quel écart !

La photo est aussi très mauvaise, conventionnelle et grossière, un comble pour le portrait d’une photographe libre. A comparer avec « A son image », qui était réussi sur ce plan, et sur exactement sur le même thème.

La production donne la fâcheuse impression d’être au rabais, low cost, dommage. La pauvreté des années de guerre ne justifie pas d’aller filmer dans des pays, la Croatie, la Hongrie, pour leur faible coût, c’est moche. Là aussi, quel écart avec « Civil War », récent, production américaine, avec aussi un personnage de photographe de guerre, précisément en hommage à Lee Miller !

Bref, sur la même vie, faite de petite et grande Histoire, passionnante et passionnée, libre et libératoire, on aimerait la même actrice, mais dans un meilleur film.


Sens-poetique
6
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le 7 nov. 2024

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