Avec Ellen Kuras à la réalisation, Lee Miller retrace le parcours méconnu mais fascinant de la célèbre photographe de guerre, incarnée par une Kate Winslet solide et investie, qui a elle aussi porté ce projet.
Le casting est indéniablement l’un des points forts du film : Winslet donne corps à Lee avec intensité, bien entourée par Alexander Skarsgård, Marion Cotillard ou même Andy Samberg, tous convaincants. Le sujet, quant à lui, promettait un regard différent sur la Seconde Guerre mondiale, et certaines scènes atteignent effectivement leur cible : la visite des camps d’extermination est traitée avec une sobriété touchante, où l’horreur est suggérée plus que montrée, et le malaise de Lee devient palpable. On retient aussi quelques moments forts, comme les retrouvailles avec Solange ou la tonte publique d'une femme accusée de collaboration.
Mais malgré ces qualités, le film ne décolle jamais vraiment. Il se perd dans un féminisme un peu trop mécanique, tournant en rond sans véritable profondeur thématique. Le traitement de la photographie de guerre reste étonnamment superficiel : hormis la célèbre photo de Lee dans la baignoire du Führer, on n’interroge ni son rôle, ni son impact. Le film reste en surface, préférant l'académisme visuel à l'audace narrative, et laisse un grand pan de la vie de Lee Miller dans l’ombre, notamment sa jeunesse et son entrée dans le métier.
Un film aux intentions louables mais trop sage dans sa forme pour marquer durablement. Je le conseillerais pour découvrir ce personnage historique, malgré une émotion tiède.