Une plante, une gosse de 12/13 ans, un homme taciturne, des briques de lait, des flingues, un flic ripou, New-York. De ce patchwork, Besson tire un film formellement plutôt abouti (peut-être son meilleur film). Je l’avais vu à sa sortie, et l’avais trouvé plutôt emballant. Même si Jean Réno en John Wick cela peut paraître incongru.
L’histoire nous amenait sur des rivages un peu limite, avec ce tueur qui prenait sous son aile une ado dont la famille avait été décimée par des tueurs sous acide. Et leur relation tournait en une affection / tendresse empreinte de beaucoup de délicatesse.
Besson assure l’essentiel en filmant au plus près de ses acteurs et laissant souvent la violence hors champ. L’action n’est guère présente (trois scènes dans la version originale, et un peu plus dans la version longue).
Voilà pourquoi la bonne note.
La version longue est plus malaisante. Mathilda y fait un chantage au suicide à Léon, cherchant ouvertement à en faire son mec (elle lui propose même de coucher). La lecture des réactions du tueur n’en est que plus inquiétante, car il ne refuse que sous prétexte qu’il a aimé une femme et que cela s’est mal terminé. Et de fait, on ne peut pas occulter qui réalise ce film : Besson. En couple avec une gamine de 15 ans à qui il a fait un gosse.
La note reflète la forme, car le fond pue la justification d’actes inqualifiables à plein nez.