Énième production martiale produite à Taïwan et qui fait pâle figure face à ses homologues hong-kongais, surtout en cette fin 70's où la Kung-fu comedy amenait le genre à un niveau supérieur. Autant dire qu'on a l'impression que le film est 5 ans plus vieux avec ses combats qui tiennent davantage du bourre-pif bourrin que des chorégraphies millimétrés. Et on presque envie de se dire que c'est le cas avec un réalisateur sorti de sa maison de retraite après 10 ans d'inactivité et qui y retournera dans la foulée. Cela-dit, Cheung Ying a l'air revigoré d'être sur un tournage et semble vouloir montrer qu'il a encore de l'énergie. Peut importe donc son budget inexistant, un tournage de quelques jours, un casting constitué d'inconnus (et qui le resteront comme le héros qui n'aura fait que deux films) et des chorégraphies très approximatives qui ont l'air de n'avoir jamais été répétées, le cinéaste s'en donne à cœur joie et multiplie les plans tournés à l'épaule, les lieux de tournages et les scènes d'action.
C'est le genre de projet où tout le monde à du se dire "bon, les gars, on a 5 jours pour écrire et faire un film. Ca sera peut-être notre dernière occasion de (re)faire du cinéma. Alors on y va tous à fond !".
Et effet, malgré ses énormes lacunes, ce petit film sans la moindre prétention a fini par me convaincre à force de générosité et de ferveur. Le film doit donc durer 80 minutes pour cumuler facilement 65 de bastons. Et quand l'histoire se finit au bout de 70 minutes, l'équipe a du se rendre compte qu'il restait encore assez de temps et de pellicule pour en remettre pour 10 minutes bonus où la copine du héros se fait kidnapper.
Il y a même quelque chose d'émouvant dans cette candeur, une sorte de baroud d'honneur des productions fauchées qui se rendent compte qu'elles ne pourront plus bientôt suivre l'évolution du genre (le chorégraphe prit sa retraite dans la foulée). Du coup, on retrouve un peu tout le charme de ses films qui alimentaient les cinémas de quartier : des coiffures improbables, des méchants qui ricanent, des femmes qui savent botter des culs, des boxeurs thaï, un bruiteur sous coke, des idées mal copiées sur les succès HK (un survêt' de combat - mais pas jaune -, le héros qui s'inspirent d'animaux pour élaborer son style de combat), une musique disco (qui groove carrément !), des gweillos moustachus...

anthonyplu
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le 3 sept. 2018

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