Que s'est-il passé ? On imagine qu'ils ont été pressés par le temps, on l'espère du moins quand on assiste à certaines séquences, notamment un retour sur terre - supposé être une course poursuite effrénée - qui enchaîne les plans rapprochés sur des personnages regardant des écrans avec quelques plans de coupe moches sur l'extérieur en cache misère. Le tout ponctué par des blagues sur la dilatation d'un je-ne sais quoi de l'espace et du col de Sue Storm qui accouche mais ne résiste pas à la tentation de faire une remarque hilarante.
Ou lorsqu'on assiste à l'apparition finale de Galactus qui en plus d'être moche, semble, comme dans le bon vieux temps de Thor de Branagh, destiné à traverser une avenue en ligne droite. On arrive néanmoins comme dans les récents Godzilla a le faire changer de taille à chaque plan.
Et bien, figurez vous que ces deux séquences nullardes, c'est quasiment la moitié des scènes d'action du film.
Le tout est basé sur une intrigue avec une menace imminente qui arrive dans 2 mois ?.. 1 mois ?... quelques semaines ?... avec des suites de montages de l'urgence qui urge présentant des héros qui cherchent sans délai une solution, habilement ponctués par des séquences montrant par exemple un robot amenant un sandwich à un des héros. Le film est rempli à ras bord de choses même pas fonctionnelles et complètement nulles, notamment le fait d'être allé chercher la toujours trop cool Natasha Lyonne pour lui faire jouer très mal une institutrice (ou prof de lycée, on comprend pas trop) qui sort de son école pour taper la discute dans la rue.... hummm.... et qu'on reverra ensuite 15 sec.... 1 heure plus tard... pour ajouter à une sous intrigue de ... ben 1min15 dans le film. On a aussi 1 minute de montage où un robot installe des protections sur des meubles en vue de l'arrivée d'un bébé et Ben Grimm qui tombe ou casse les meubles en conséquence.
Et bien, là encore, figurez vous que ces deux derniers exemples nullards, c'est environ 50% de la caractérisation de la Chose.
Et comment comprendre sinon comme un troll la séquence finale avec un siège bébé qui dure sans raison sinon créer de la gêne et te faire prier que ça s'arrête ?
On perçoit une note d'intention de pseudo-naïveté ou de premier degré concerné, mais dès le premier reportage qui te raconte l'origin story des personnages - et qui te condense par là même en 2 min toute l'action cool que contiendra pas le film, avec des séquences où les 4 font converger leurs pouvoirs pour résoudre des situations- faut avoir sacrément foi en la candeur du spectateur pour te fourguer la politique de recrutement de Reed Richards. Et le pire c'est que c'est même pas drôle et que les 2 minutes qui suivent te balancent du népotisme en veux tu en voilà histoire de montrer qu'entre le je m'en foutisme, le cynisme profond et la pseudo naïveté, il y a parfois pas grand chose quand tu fais pas vraiment de choix d'adaptation ou que t'as pas de point de vue. Candeur, simplisme débile ou facilité d'écriture honteuse sont différentes choses, et les réactions de la presse et de la foule - soit ici une 50taine de figurants qui tentent péniblement de remplir le cadre dans des espaces déserts tout au long du film - face à l'annonce de Sue Storm à son retour de l'espace témoigne du peu de cas qu'ils font de l'intelligence du public extra et intra diégétique. Ca débouche sur rien de surcroit, sinon un discours de la honte sur le monde qui est une grande famille, le tout torché en 5 minutes totalement inutiles.
Et à force de 5 minutes inutiles par là, 5 minutes moches par ci, on arrive à 1h45 de renouveau prometteur du MCU qui, grâce à une séduisante direction artistique et une vraie complicité des comédiens, arrive à nous redonner foi en cet univers cinématographique.