Un film assez surprenant et très réussi, car il est toujours difficile de décrire le milieu de la petite délinquance, dans les milieux populaires , issu d’un lumpenprolétariat sous-jacent . Les Français tombent souvent dans le misérabilisme ou dans la propagande politique militante. .
Ici le film est simplement très humain en nous découvrant ce jeune garçon qui a fait une grosse bêtise dans le passé (dont on ne saura rien) maintenant enfermé dans un centre de détention. Il est autorisé à sortir pour assister au mariage de son frère. Il retrouve un très bon copain, encore plus voyou que lui, et sa petite amie, qui ne croit plus en leur avenir. Les deux larrons font des petits larcins, des carambouilles. Il sent bien que cela n’est pas bien, car il a beaucoup muri en prison, il comprend le risque, ne veut pas mettre en péril sa liberté conditionnelle, et ne veut plus de ce futur marqué par la délinquance et la violence . Mais comme souvent dans ce type d’histoire , le destin en décide autrement . Beaucoup de justesse et de finesse dans l ’analyse sociale , plein d’empathie.
C’est aussi le tout premier film du très bon réalisateur Alberto Rodriguez qui nous livra en 2014 l’excellent « la Isla Minima », qui avait rencontré un beau succès d’estime en France avec 350,000 entrées, et 1,3m en Espagne. Ses films suivants n’étant pas sortis en France , dommage.
Le jeune acteur Juan José Ballesat est vraiment excellent, on le retrouvera les années suivantes dans plusieurs bons films espagnols dont « Un homme d’action » . Il fait une très belle carrière.