Je sors de l’avant-première… Trois heures formidables, sans doute l’un des meilleurs de Tarantino. Maitrise du rythme, mépris des codes, un quasi huis clos à nouveau pénétré par la revanche, la haine, comme le titre y invitait, et qui malgré tout fait passer par toutes les gammes d’émotions. Peu de musique, ce qui est inhabituel chez ce réalisateur qui a coutume de choisir la BO avant d’écrire le scenario… Avec la tempête pour seul bruit de fond, toute la place est donnée aux savoureux dialogues dont il a le secret, qui vous captivent, vous mettent à table avec les convives pour savourer le délice d’un affreux spectacle. On prend le temps, on vous ballade, on installe la tension… Quand la musique accompagne l’action, elle est juste efficace, fait mouche.


Tarantino est enfin revenu aux sources de son plus grand film réservoir dogs, avec encore un gain en maitrise, dans ce mélange des influences des genres, ce côté un peu gore/trash et série B assumés. Avec beaucoup d’humour, ou souvent on ne peut s’empêcher de rire jaune devant la surenchère.
Que les élites du cinéma l’adule est un comble, il brandit à nouveau un étendard de la culture populaire, des mauvais genres avec son Eightful Eight. De ce que la critique méprise habituellement dans le cinéma pour faire bonne figure. Il faut dire que comme d'hab, cette culture est transcendée... Aucun pré requis, s’installer, attendre et laisser s’installer et ça marche.


Mais il ne faut pas croire que c’est vide et en pur perte. On trouvera au cœur du film à nouveau cette question raciale américaine qu’il remet sur le tapis d’une manière assumée, en plongeant dans la guerre de cessation, dans cet horrible XIXème siècle qui pèse encore sur la minorité noire américaine, dans un pays ou les negro shooting par la police continuent à un rythme effréné. Avec des personnages haut en couleur cette fois pas de héros pur face au mal. Tous les personnages sont pervers ou pourris, nourris par la haine, de cette guerre infecte, de cet univers sordide du far west. Huit salopards.


Je crois que cette fois, je tiens mon Tarantino préféré.

Kévin_Crépin
9
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le 6 janv. 2016

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Kévin Crépin

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