Imaginez Le Bon, la brute et le truand mais sans le bon. De la neige à faire baver tous les junkies d’Hollywood et du blizzard filmé avec un lyrisme éblouissant. Une diligence et un refuge dans lequel se terrent neuf personnages dont huit crapules avérées. Ogres, grands méchants loups, chiens de l’enfer, vilaine sorcière, tout droit sortis d’un conte décortiqué par Bruno Bettelheim. Pas d’autre décor, sinon celui 100 % naturel alimentant l’un des deux saignants flash-back. Tarantino est revenu de manière tonitruante, et quelle joie fut celle de retrouver cette identité, cette emprunte cinématographique aussi singulière et qui nous est chère.


Le temps d’un respectueux prologue, Ennio Morricone ouvre le bal. S’ensuivent cinq chapitres et un épilogue, entrecoupés d’un entracte de quinze minutes.Trois heures durant, très exactement 2 h 47 en version numérique et 3 h 07 en pellicule 70 mm, celle-ci étant naturellement la seule revendiquée par l’auteur; nous sommes dans le Tarantino nouveau, sans que jamais ne se manifeste la volonté d’en sortir. Pas de repos pour les salauds certes, mais surtout pas de répit pour le spectateur ! Un Cluedo en huis clos, façon Agatha Christie, époque Dix petits nègres, l’un des protagonistes n’étant pas ce qu’il prétend être. Sur fond de cupidité, de frictions identitaires et de bavures raciales, avec l’injustice, (l’un des chevaux de bataille du metteur en scène) ce huitième opus mène sa barque avec jubilation.

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le 19 févr. 2016

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Mil Feux

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