surané et kitsch reprenant en fait des codes réf du cinéma égyptien 60's, industrie naguère florissante, un époque où l'ancieExpression libre:
D'abord le générique est bon, un défilé graphique limite
n dirigeant renommé égyptien qu'était Nasser, devant un parterre de centaine de députés de l'assemblée, se moquait de ces religieux qui voulaient " faire porter un voile à nos femmes"(la vidéo est disponible sur youtube) _ un autre temps.
Le film part sur ces bases, solides, un début dont nous comprendrons rétrospectivement qu'il ne doit rien au hasard. Comme ses prédécesseurs de Le Caire Confidentiel et la Conspiration du Caire, ce film compare le passé à son présent pour étalonner les changements. Tariq Saleh agit en cinéaste connaisseur de son histoire et de son cinéma à la façon du Scorsese le plus auteur, avec lequel, pour lui faire un reproche, il partage une approche distante des personnages féminins. Mais à sa décharge, Le Caire, dans sa vision maximaliste, est régit par des hommes et seulement des hommes. Donc...
Cependant, Saleh n'a pas les moyens financiers d'un Scorcese, alors il compose avec des chambres de secondes zones maquillées en palace, mal éclairées, les deux équipes de tournage ne se valent pas mais il compense par sa justesse, un cadrage à l'arraché mais à l’œil, tous les artifices du cinéma, tendance italienne 70's y passent... Bien. La magie du cinéma opère. Sans CGI, pardon images virtuelles. Et dès que les moyens sont à dispo, la technique est là, un somptueux mouvement de grue pour révéler le décor factice de la scène mais par-delà du régime , du cirque , le démontre, et là c'est l'ensemble du film qui s'élève, par la seule force de sa mise en scène, à hauteur de ses folles ambitions.
Alors, d'une comédie satyre d'un milieu ou d'un autre, il passe au thriller politique. Son héros vaniteux et égoïste, quoique charismatique, star privilégiée dans son pays, se retrouve broyé par la mécanique totalitaire. Le nivellement par le bas. L'écrasement de la terreur. Une démonstration, comme Les graines du figuier sauvages de Rasoulof l'année dernière. des conditions du totalitarisme telles qu'énoncées par Arendt. Dans son propre registre et sans les comparer, mais les audaces sont là et une belle vitalité de résistance. Et avec ce film, Tariq Saleh poursuit sa radiographie de l’Égypte contemporaine.