Une œuvre qui dénote, voire détonne, dans la filmographie d'Alfred Hitchcock. Sorti en 1949, Les Amants du Capricorne est l'un des deux opus de la brève parenthèse britannique (1949-50) dans sa carrière américaine entamée en 1940. Adapté du roman éponyme de l'auteur australien Helen Simpson, sorti en 1937, il fut construit presque uniquement pour et autour de son actrice principale, la grande Ingrid Bergman. Mais son échec financier et critique amenèrent le Maître du suspense à le désavouer.


Il faut dire que, contrairement à sa production habituelle, le suspense y est quasi-absent, et la maestria... disons moins visible qu'à l'accoutumée. Certes, dans la foulée de La Corde, le réalisateur multiplie les plans longs, mais de manière plus lâche. Tourné entièrement dans les studios londoniens d'Elstree, Under Capricorn laisse même comme un arrière-goût de travail bâclé, notamment à cause de la profusion de décors peints assez vilains. Alors qu'avec des moyens et de l'enthousiasme on aurait pu avoir droit à une grande fresque romantico-historique, toutes proportions gardées à un Autant en emporte le vent à la sauce australienne, on se retrouve ici avec un film en costumes d'allure un peu cheap.


C'est d'autant plus dommage que l'histoire est plutôt intéressante, même s'il s'agit d'un classique triangle amoureux. Et même d'un double triangle, aux pointes desquels on retrouve un ancien forçat devenu notable de Sydney (Joseph Cotten), son épouse de haute naissance tombée dans l'alcoolisme et quasi-aliénée (Ingrid Bergman), un gentleman britannique séducteur et agaçant (Michael Wilding), et une gouvernante jalouse et manipulatrice (Margaret Leighton). Les acteurs vont de l'excellent (les deux femmes) au très bon (les deux hommes), ce qui sauve l'intérêt du film. Pas déplaisant, mais pas franchement enthousiasmant non plus, Les Amants du Capricorne est un Hitchcock clairement mineur, qui ravira néanmoins les amateurs de beaux uniformes, de tirades grandiloquentes, de sombres secrets, de chapeaux en forme de cœur et de têtes réduites.

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le 5 mai 2017

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The Maz

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