Un fils bourdivin ne peut faire que des films sociologiques. Après Les cadets de Gascognes / Vert Paradis, inspiré d'une étude paternel sur la solitude des célibataires de campagne, voici l'analyse plus psychosociologique des amitiés universitaires de lettrés parisiens de bonnes familles. En images, les individualités du groupe, les instincts grégaires des élites, le phénomène de dominance popularisé par Christophe du Loft. Le chef de meute aime juger, rabaisser, conseiller, à la fois libérateur et esclavagiste. Ses avis tranchés, sa culture lui donnant l'impression de tout savoir à 25 ans, ses mensonges, nous le font détester autant que son aura impressionne.
Puis c'est la chute, la mythomanie, l'affranchissement, non sans une dernière admonestation. L'esprit libre est aussi manipulateur, et il s'écroule quand plus personne n'est là pour l'admirer, pour être vampiriser.
Un film intelligent, analysant avec finesse les relations de séduction et de tensions, des liaisons dangereuses à l'Université, porté par un Thibault Vinçon charismatique.