Un film Z ultra woke pour son époque ! Un véritable précurseur, qui a ouvert la voie à beaucoup d’autres, Wanted notamment.
L’histoire et les événements restent clairs et s’enchaînent avec élégance malgré un montage sous Fentanyl.
La jolie grammaire cinématographique mélangeant flash-back sur vitaminé et scène de crime sous opéra saura capter l’attention de n’importe quel cinéphile accros aux films de boules. Willem Dafoe est impeccable en inspecteur hard-boiled. Certainement son rôle le plus important, celui qui l’amènera à enfiler plus tard le masque du bouffon vert. Grisant.
Le reste du casting est en roue libre totale. Les deux freros on visiblement fini duolingo plusieurs fois, avec une belle série en cours. Bravo à eux, mais ça ne suffit pas à me faire croire que ces types sont payés pour jouer.
Tout au long du film, on se demande régulièrement si les personnages veulent se baiser ou se mettre des balles dans la tête. Cela contribue à créer l’atmosphère gangsterotico sexy du métrage, malgré un directeur de la photo aveugle et un accessoiriste bourré (jamais vu une armurerie aussi cringe de ma vie, les bougs se tirent dessus avec les guns de la vogue aux marrons). Attention spécistes s’abstenir, un chat se fait foudroyer lors d’une scène climax par un coup qui part tout seul. On l’avait pas vu venir… Ahurissant.
La composition des plans et le cadrage ferait pâlir Denis Villeneuve. On retiendra la scène de la boîte à cul, avec ce cadre grandiose, nichons au premier plan et contreplongée vertigineuse sur le regard ébahit du personnage. Du grand cinéma. Également, la scène de 10min sur la blague de l’américain, du mexicain et de l’africain était hilarante, le tout porté par le personnage de Rocco au timing comique quasiment parfait. Le mec se permet même de rentrer dans les geôles d’un commissariat comme on rentre au moulin pour faire son pain. De la comédie généreuse, sans concession.
Le film se clos sur une scène post générique critique des États-Unis. Incisif mais nécessaire; avant tout, radicalement politique. On y retrouvera toute la subtilité du fameux Ghost Dog de Jim Jarmusch, prônant allègrement la vie de clodo. Chapeau l’artiste.
Le moins que l’on puisse dire : ça flingue !