Le couvent dans lequel sœur Anne-Marie se cloitre avec bonheur s'est fixé pour mission d'accueillir des détenues en fin de peine. Sœur Anne-Marie s'est entichée de Thérèse, une délinquante rebelle dont elle est prête à sauver l'âme malgré elle.
Je ne trouve d'intérêt, en profane, à ce genre d'immersion monacale que dans la description des rituels et de l'observance de la règle. La novice est le centre des attentions du cinéaste ; à peine installée, en religieuse indisciplinée et sincère, elle secoue, voire conteste, les habitudes. C'est, avec la rédemption, un thème du film.
Toutefois, depuis le film de Bresson, les usages conventuels ont été éventés dans un certain nombre de films. Dès lors qu'on n'est pas touché par la grâce, qu'on reste indifférent à cette notion de péché d'orgueil qui revient souvent ou à l'abnégation mystique du personnage de Renée Faure -bien jolie sans le voile- les personnages du trio Bresson-Bruckberger-Giraudoux apparaissent d'un romanesque assez quelconque et convenu. En tous cas, le dénouement n'a probablement pas le même impact selon qu'on est croyant ou pas.
La réalisation, sans maniérisme ni bigoterie, va à l'essentiel, même si la liturgie peut indisposer le libre-penseur. Pas sûr que ce dernier éprouve la moindre émotion, spirituelle ou autre.