Il y a 20 ans, un plaidoyer pro-domo contre des accusations qui n'étaient pas encore me-too ; mais qui déjà ne convainquait pas. On a moqué le fantastique de pacotille, plus Rollin que Cocteau. On a brocardé la mauvaise fois d'un réalisateur qu'on a cru enclin au martyr. Mais en fait, non. A la revoyure, le portrait est plutôt pathétique. Ce "curieux mélange d'intelligence et de sottise" est surtout un aveu de l'incapacité à voir les sentiments de l'autre. Et cette quête d'érotisme pourrait bien être une quête - vaine - d'empathie, ne pouvant se solder que par un châtiment violent, juste retour moral d'une société qui ne pardonne pas aux monstres de cœur. Il sourd de ce regard que le réalisateur porte sur lui-même, certes un certain narcissisme, mais également un jugement assez dur qui, sous couvert de se défendre, donne finalement raison à ses accusatrices. Coupable, pas tant de harcèlement, que de n'avoir pas su voir, ni comprendre les sentiments qu'il suscitait dans ses jeux manipulatoires. Voici donc pour le revisionnage à froid, depuis la mise au ban puis la mort de l'artiste. Reste également un visionnage à chaud porté par des scènes érotiques parmi les plus belles et troublantes jamais réalisées. Un film de maître en somme, détaché de son piédestal.