Vers la fin des années 60, un garçon d’une quinzaine d’années, Jules (Benoit Magimel) dont les deux parents sont trop accaparés par des activités (dont on ne sait rien), passe ses vacances en Touraine chez ses grands-parents (Charles Aznavour et Françoise Arnoul). Les parents de Jules (Clémentine Célarié et Didier Flamand) les rejoignent sur place pour une visite-éclair...


J’avais trouvé attirants l’affiche et le sujet de ce film méconnu, ainsi que la présence de Sophie Carle au casting. Mais d’emblée, l’histoire quelque peu nébuleuse de cette famille instaure une distance avec ses personnages, l’ambiance est très mitigée et il y a trop d’éléments qui clochent dans l’ensemble.


Le jeu limité de Benoît Magimel rend son personnage trop froid et indifférent à ce qui lui arrive, et il n’est guère plus convaincant en voix off de narrateur.

Charles Aznavour (qui aurait dû s’en tenir à la chansonnette) sonne faux en papi excentrique, amateur de pêche, geignard souffreteux mais quand même champion de billard à ses heures !

Heureusement, Françoise Arnoul vient relever le niveau en mamie badine et affectueuse.

Clémentine Célarié est fidèle à son style un brin vulgaire dans le rôle de Marie-Pierre, la mère de Jules. Son personnage déclare détester la campagne, sans que l’on sache exactement pourquoi. En outre, elle entretient avec son fils ado une relation très fusionnelle, voire un peu trouble, à voir sa façon de venir le caresser dans son lit pour le réveiller, et se coller tout contre lui quand ils vont se balader dans le jardin, sous le regard ironique du père (détesté de Jules) qui les surnomme « les amoureux ».

Là-dessus, l’adolescent apprend que ses grands-parents doivent déménager de leur chère maison de campagne, qui va être vendue et qu’ils n’ont pas les moyens d’acquérir, alors que les parents de Jules sont du genre friqués. Ambiance. De mauvais gré, le garçon et ses grand-parents partent donc vivre dans une autre maison de campagne, qui ne leur plaît guère et à laquelle ils ne s’habituent pas.


Après quoi, Jules va faire la connaissance de la bande de tocards et de cassos qu’on croirait sortis d’un mauvais shōnen (notamment « Le (faux) Rouquin » chef de bande) ; mais aussi plus tard d’une jolie nymphe plus âgée que lui, du nom d’Evelyne (interprétée par la très mignonne Sophie Carle), qui nous laisse entrevoir un (bien trop court) instant, dans un écrin de nature sauvage, les courbes naturelles de son corps remarquablement proportionné.


Heureusement, c’est avec Eve-lyne que le garçon va connaître les premiers émois amoureux, compter les étoiles et apprendre à pêcher...l’écrevisse (avant de pécher avec Eve sans se faire pécho).

Réminiscence : c’était le temps des interactions entre groupes de tous âges, des repas sans chichis, des taquineries et complicités, des bals populaires, des « bizutages » et embrouilles entre bandes. Mais aussi celui de l’invasion des postes de TV dans les foyers et d’une modernité pas forcément bien accueillie de tous.


On suit l’évolution de Jules, ce dadais habitué à la vie au grand air, qui doit aussi apprendre les premières déconvenues, les petits accès de jalousie et le reste, qui est de son âge.


Quant à l’issue

tragique & symbolique du récit, à l’hameçon duquel je n’ai pas mordu (too much et improbable), immanquablement elle vire au grotesque, et ressemble furieusement à un délire d’un monde sans mère, et sans femme.

S’il y a une image touchante dans ce « film » qui ressemble davantage à un téléfilm d’après-midi pluvieux, c’est sans doute

celle de Jules assis dans l’autocar avec son petit bouquet de fleurs, suivi par Evelyne sur son vélo, et le paysage champêtre défilant sous les yeux du garçon endeuillé, qui doit laisser derrière lui les meilleures années de sa vie. Songez au traumatisme du pauvre gars qui a dû continuer la route sans sa douce amoureuse (gaulée comme Sophie Carle) !

Image hélas plombée par la performance de Benoît Magimel qui n’aura pas réussi à m’émouvoir.

Encore un acteur surcoté, qui n'aura jamais fait mieux depuis le seul véritable rôle à sa mesure de "La vie est un long fleuve tranquille".

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le 16 mars 2026

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