Trois personnages. Roy, 25 ans, déjà assez doué pour les petites arnaques, genre tour de carte ou plumage de pigeon. Myra, une petite vamp qui s'est mise à la colle avec Roy et rêve de le pousser à de plus grosses arnaques. Et Lily, qui bosse dans le trafiquage des côtes au tiercé pour le compte d'un gros bonnet de la mafia. Elle prétend être la mère de Roy, mais ils semblent également avoir une attirance sexuelle mutuelle.
Tout ce petit monde est habillé à la mode années 1980 et tourne autour de Los Angelès, La Roya, Phoenix, à la recette de la sainte thune.
C'est un film où les femmes, talons haut, épaulettes et sourire d'ange, sont terriblement intimidantes. Elles déploient leurs charmes comme un serpent qui se dresse pour vous faire face, et vous ne pouvez qu'être paralysé, déjà perdu.
Il y a des voitures, des meublés, des valises avec des billets, des double-fonds, des dés truqués, de l'alcool évidemment. Quelques flingues, et bien sûr beaucoup d'érotisme aggressif.
J'aime beaucoup les film sur les escrocs. Les dialogues sont plutôt bien tournés, avec des sous-entendus. Les acteurs jouent bien, en particulier les femmes. Frears inscrit bien la masse corporelle et l'énergie de chaque corps dans le plan pour décrire les enjeux, dits ou non-dits, de chaque scène. La tension, violente, sexuelle ou psychologique, est permanente, nos trois protagonistes étant comme des pistolets chargés l'un face à l'autre.
Ce n'est pas une comédie. Ni un film social. C'est une sorte de course-poursuite incessante, un peu comme des enfants qui jouent. Les protagonistes sont la lie de la société, ils se retournent dans des lits couverts de bordel, crèchent dans des rades, partent à la cloche de bois...
La présence d'Angelica Houston contribue beaucoup à donner au film une aura unique.
J'ai beaucoup aimé ce Grifters. Merci Arte Kino.