Guðmundur Arnar Guðmundsson : le nom du réalisateur de Beautiful Beings (un titre très ironique) n'est pas facile à mémoriser mais il mérite de prendre place parmi les cinéastes islandais contemporains à suivre de près, après des débuts prometteurs avec Heartstone (2016). A première vue, Beautiful Beings s'inscrit dans une longue lignée de films d'apprentissage, avec pour protagonistes 4 garçons âgés de 14 ans, dans l'Islande de la fin du siècle dernier, ce qui correspond à peu près à l'époque de l'adolescence de Guðmundsson. A seconde vue, l'histoire est plus dense que ce qu'elle semble annoncer, avec une peinture sociale à l'eau-forte, pour des jeunes gens dont les parents sont absents ou irresponsables, les conduisant à une marginalité inéluctable et à des expérimentation dangereuses. Le film ne plonge cependant pas dans le sordide tête baissée, malgré quelques scènes à la limite du soutenable, avec des portraits très fouillés de l'ensemble de ses personnages et en introduisant un aspect surnaturel plutôt inattendu, qui permet de sortir des sentiers battus et de s'attacher à ce récit imprévisible. Au-delà de son âpreté, Beautiful Beings n'exclut pas une forme de lumière, à travers les épreuves et les souffrances, et une part de tendresse malgré la toxicité même de la relation entre les 4 adolescents. Parfois, l'amitié surgit de nulle part et peut même pousser sur des terres a priori stériles.