Toto,sorte de cancre qui multiplie les conneries,est envoyé en classe verte par son école.Ses camarades et lui débarquent dans une ferme bio où ils vont vivre une multitude d'aventures palpitantes.Deux ans après un premier volet pitoyable,il eût été dommage de ne pas réitérer l'exploit.C'est ce qu'ont dû se dire le réalisateur Pascal Bourdiaux et son scénariste Mathias Gavarry,toujours soutenus par un pool de producteurs franco-belge comprenant notamment les Belges de Frakas Productions et la SND,filiale de M6,côté tricolore.Sans oublier que c'est un de ces fameux films Tax Shelter,ce dispositif belge permettant à des entrepreneurs locaux d'investir dans le cinéma tout en bénéficiant de réductions d'impôts.Le contribuable d'Outre-Quiévrain s'est encore une fois fait bananer la tirelire,et encore une fois au profit d'un film de merde.Parce que bon,on veut bien que ce soit pour les gosses,mais la nullité à ce point-là c'est insupportable.Si on compare ça à d'autres franchises du même style,comme "Ducobu" ou "Le petit Nicolas",qui sont déjà mauvaises,on s'aperçoit que là on a franchi un seuil d'intolérance.Dans le premier épisode,il était question de combattre les méchants promoteurs immobiliers bétonneurs,ici ce sont les élus pratiquant le greenwashing tout en polluant qui sont dans le viseur,car on est sur des oeuvres moralisantes aux graves préoccupations socio-politiques.Pourquoi pas,ces combats sont légitimes,mais traités de cette manière c'est contre-productif.Il y a d'ailleurs fort à parier que les auteurs se cognent sévère de ces problématiques et qu'ils ne les introduisent que pour avoir un vague canevas scénaristique qui aille si possible dans le sens du vent.Nous voici donc avec une bande de gamins demeurés,flanqués des parents de Toto,un couple divorcé que quand tu les vois tu comprends pourquoi le môme est débile,qui se transforment en écolo warriors de choc pour confondre la mairesse du patelin qui se fait un pognon de dingue en stockant des produits toxiques tout en touchant des subventions au titre du recyclage,ce qui vérole toute la région.Plus rien ne pousse,les poules ne pondent plus,les vaches n'ont plus de lait,bref c'est n'importe quoi vu qu'en apparence tout est normal.Du reste,les fûts maléfiques sont cachés au fond des oubliettes d'un château en ruine,on ne voit pas comment ça pourrait polluer quoi que ce soit,mais ce genre de film ne s'embarrasse pas de détails,c'est écrit avec l'aide du site "à peu près.com".Quant aux personnages,c'est carnaval.On a donc Toto,le leader naturel aux synapses cramées,que tout le monde aime et admire en dépit du fait que c'est un sale petit connard stupide et malveillant dont les "blagues" ne sont ni drôles ni judicieuses.Il est entouré de ses quatre potes inséparables.Il y a là Igor,fils de la directrice de l'école,donc fort en thème,Carole,une jolie blackette qui plait bien à Toto,Olive,la binoclarde décérébrée folle amoureuse du héros,Toto le héros oui,et Yassine,petit beur dans l'épisode 1,qui a dû bronzer entre-temps vu qu'il est maintenant noir.Alors lui,c'est le boulet du groupe.Non seulement c'est un couard,mais en plus c'est un plaisantin de haute volée qui passe son temps à doubler la dernière syllabe des mots se terminant en "teau",pour que ça fasse "Toto",genre "alors on va au châteauteau",ou bien " il est marteauteau ce Toto".On mesure là l'étendue de l'humour ainsi déployé,si vous n'êtes pas pliés en deux après ça,c'est que vous êtes de bien tristes sires.Bizarre quand même qu'on ait confié ce rôle d'abruti total à un black,les mecs ont dû avoir un bug,ou la colombienne était trop tassée.Ceci dit ils sont tous cons comme des bites là-dedans,alors ça ne change pas grand-chose.Les adultes ne sont pas mieux,avec les parents de Toto,une virago à la masse et son ex mollasson qui campent dans les bois pour surveiller les agissements de leur fils,dont les nuisances leur manquent trop,la jolie institutrice niaise mademoiselle Jolibois,complètement out elle aussi,son adjointe madame Gossein,une grosse qui sert de souffre-douleur au sympathique garçon,un salopard dont les blagounettes consistent essentiellement à ridiculiser toute forme d'autorité et à maltraiter moralement et physiquement tous les adultes qui passent à sa portée,le parfait exemple de ce que la nouvelle éducation attend de la jeunesse actuelle.En face il y a l'édile complètement idiote qui malgré ses montages finauds est aussi dangereuse qu'un flan aux myrtilles.C'est là qu'intervient le concept de relativité défini par Einstein,car ceux qui pensaient que les "Ducobu" étaient des bouses,ou ceux qui croyaient que l'Almanach Vermot ou les sketches de Nawell Madani étaient foireux sont maintenant bien attrapés vu qu'en comparaison avec "Toto" tout ça n'est que démonstrations hilarantes de l'esprit français le plus aiguisé.Les acteurs,dont beaucoup avaient la cote,sombrent dans la honte la plus déshonorante.Pitreries claquées,clowneries simiesques et simagrées d'aliénés sont au menu,et on y va franco dans la vase et le purin.Passe encore pour les enfants,les seuls à avoir été changés par rapport au premier opus,des débutants qu'on ne reverra pas.Hugo Trophardy,qui assure le rôle titre,est un bien pauvre individu pas vraiment fait pour l'art dramatique,pas plus que ses camarades à l'exception de Gaël Raës,très amusant en gamin studieux qui sait tout et s'exprime dans un langage châtié.C'est la lose totale pour Anne Marivin et Guillaume de Tonquédec,nullissimes en parents neuneus,et pour Valérie Karsenti,caricature au cube de maire corrompu.Aucun d'entre eux ne trouve la moindre justesse,le pompon étant chopé haut la main lors du flashback atroce de la jeunesse hippie du couple,un truc absolument surréaliste combinant l'incompétence et la bêtise crasse.On peut s'inquiéter de la tournure prise par la carrière ciné de Pauline Clément,miss Comédie Française,qui aligne les rôles de cruches dans des comédies insanes.On s'imaginait tenir la nouvelle Sandrine Kiberlain,elle est en passe de devenir un clone de Frédérique Bel.La pauvre grosse Barbara Bolotner ne sert qu'à se faire maltraiter tout du long,tandis que Nicolas Lumbreras et Sarah Stern,spécialiste des franchises de haut niveau vu qu'elle est une permanente dans "Les Tuche",s'en sortent à peu près en fermiers dans la mouise.Dans le petit personnel il y a Arsène Mosca,présent dans le film précédent dans un autre rôle,qui est pathétique en chauffeur de car qui fait,comme Toto,des blagues moisies,Laurent Bateau,qui traîne dans tous les films français dans des emplois de plus en plus fugaces,en mari déconstruit qui ne quitte pas la maison,,et Isabelle Candelier en directrice d'école speedée.Plus Christophe Canard,l'homme-lige de la vilaine mairesse,qui s'inscrit dans la nouvelle tendance porteuse du cinéma français,celle du gros barbu,vraisemblablement initiée par le succès de Grégory Gadebois.