Suite au succès des Bronzés (2,3 millions d'entrées), Yves Rousset-Rouard propose à la troupe du Splendid de faire revenir les personnages dans une suite. La troupe n'est pas trop partante au départ, mais commence à revoir ses positions lorsque les cachets commencent à augmenter. Patrice Leconte rempile également pour cette suite se tournant à Val d'Isère.
Si certains acteurs reviennent dans des rôles différents (Bruno Moynot, Guy Laporte, Michel Such et Hélène Aubert), on reprend les mêmes et on recommence. Les Bronzés font du ski aurait pu être un copié-coller de son aîné et ne rien apporter de plus. Pourtant, Leconte et le Splendid ont fait évoluer les personnages et pas forcément en plus positif.
Bernard et Nathalie (Gérard Jugnot et Josiane Balasko) sont devenus de beaux bourgeois arrogants comme il faut. Leur première apparition est hallucinante, les personnages s'en prenant violemment aux précédents locataires en les prenant de haut. Si Nathalie fait mine d'être sympathique, le lancer de Scrabble est aussi bête que symptomatique du couple.
Popeye (Thierry Lhermitte) continue son odyssée du looser entrevue à la fin du premier film, se faisant passer pour un playboy alors qu'il s'est fait larguer par sa femme (Aubert) à force de tromperies. Il ne vaut donc pas mieux que ce bon vieux Jean-Claude (Michel Blanc) cumulant les galères jusqu'à plus soif pour notre plus grand bonheur. Entre la copine qui ne vient pas, la nourriture qui donne des boutons et le télésiège fermé alors qu'il est encore dedans, Blanc nous offre une prestation immanquable, largement supérieure à celle sur le précédent film. Même si l'acteur n'était pas aussi à l'aise que sur Les Bronzés (il n'avait pas envie de revenir), il tient beaucoup mieux le personnage et paraît moins beauf et plus looser.
Gigi et Jérôme (Marie-Anne Chazel et Christian Clavier) ne sont pas meilleurs. A l'image de ce que devenait Gigi au cours du premier film, on sent qu'elle est toujours à ça de la crise de nerf, en plus de devenir très jalouse. Jérôme est très prétentieux, au point de croire qu'il peut faire mieux que les autres. Quant à la pauvre Christiane (Dominique Lavanant), elle aura droit à un amour éphémère avec le roi des toupets (Maurice Chevit).
Le nouveau personnage Gilbert Seldman (Moynot) n'est pas en reste, étant introduit très rapidement par petites touches avant d'être présent pour l'excursion en montagne. Ainsi, il aura le temps de s'engueuler avec au moins trois personnages, avant de débarquer à temps plein avec un certain fracas. Une fois l'excursion arrivée, le personnage aura son lot de moments phares dû à un relativisme jubilatoire.
Si la première partie réserve son lot de gags, difficile de bouder son plaisir devant la seconde qui réunit aussi bien le passage avec les italiens fornicateurs et ronfleurs que celui des montagnards. Les scènes sont jubilatoires avec une accumulation d'éléments rendant le cumul à mourir de rire. Evidemment, plus ça dure, plus les fous-rires s'alignent et plus la situation devient aussi catastrophique qu'incroyable (cf Bernard qui réveille les instincts basiques des Italiens en leur gueulant dessus).
Si l'attitude des Bronzés n'était déjà pas triste en Afrique (cf le passage où Jérôme essaye de négocier des prix), elle n'est pas meilleure à Val d'Isère et notamment en ce qui concerne la pollution. La mer c'est dégueulasse, mais ils dégueulassent aussi la nature en laissant leurs détritus sur place. Sur un malentendu, la neige recouvrira la merde qu'ils ont laissé. Notons également l'inoubliable bande-originale de Pierre Bachelet, que ce soit la chanson du générique ou les morceaux aussi entraînants que mélancoliques.
Les Bronzés font du ski est donc un très bon exemple de suite meilleure que l'original, au point même que le premier est un peu éclipsé par lui. Curieusement, c'est l'inverse qui s'était produit dans les salles. Il a fait moins que son aîné au box-office (1,5 million d'entrées) ; et sa réputation se fera en grande partie sur sa carrière télévisée où il cumulera les audiences records (plus de 10 millions de téléspectateurs en 2008). Un retour fut donc discuté pendant longtemps, avant que Thierry Lhermitte et Christian Clavier ne commencent à écrire dans les 2000's ce qui deviendra Les Bronzés 3 (Patrice Leconte, 2006). Un plus gros succès dû notamment à une attente démesurée (10,3 millions d'entrées), mais laissant un goût amer en bouche. Comme quoi, certaines choses ne devraient pas se concrétiser...