Si vous aimez les films « in yer face », le cynisme ambiant version « Le Petit Journal », les scènes de sexe à la sauce HBO, alors… le film Les Chaises Musicales n’est pas pour vous.
C’est une comédie sentimentale qui fait réfléchir. On suit le personnage de Perrine interprétée par Isabelle Carré, quadra inadaptée, qui déguisée en Dark Vador fait tomber un homme dans une benne, puis s’immisce dans sa vie petit à petit. Dès lors, la « presque musicienne » va se construire une histoire d’amour avec cet être fantasmé (sa tête est enveloppé de bandeaux). Mais comment réagir quand « l’homme invisible » se réveille ?...
Le film refuse de se laisser enfermer dans une catégorie. On n’est pas dans un drame, ni dans un méchanisme à la Feydeau, et on peut être au début un peu décontenancé par le ton. Mais si on accepte d’être emporté par ce conte, d’entrer dans ce monde décalé, on comprend que ça raconte pas mal de choses. Sur l’amour, les doutes, les défauts des uns et des autres et l’envie de se re-créer une famille. Ca confronte trois générations de femmes : Isabelle de Carré, à la palette de jeu remarquable, est rejointe par Carmen Maura, (l’actrice fétiche d’Almodovar) et Nina Meurisse (jeune comédienne montante). Un de mes seuls bémols est que j’aurais aimé voir davantage celles-ci à l’écran.
Le film m’a plus fait penser à un film américain indépendant (Little Miss Sunshine) ou anglais (Be Happy) qu’au cinéma d’auteur post-nouvelle vague ennuyeux. J’ai la sensation que la réalisatrice veut vraiment raconter une histoire, comme sur un air de chanson. Les plans sont simples, les dialogues bien ciselés et précis. Le désir d’en mettre plein la vue avec des effets visuels s’efface avec pudeur devant l’envie de communiquer. Pas mal du tout pour un premier film.