Excellent film du grand Peckinpah, Chiens de Paille est une oeuvre marquante, viscérale et psychologiquement intense!
On commence tout doucement, le temps de connaître le cadre, les personnages, les enjeux et progressivement la tension grandit, la nature humaine reprend le dessus sur tout ce qui est raisonnable pour ensuite mieux exploser dans un déchainement de violence comme seul Peckinpah a le secret. Décidément ce mec savait filmer la violence psychologique et physique sans faire du tape à l'oeil bling bling mais plutôt en la rendant froide et terrifiante. Filmer tout ça de manière à la rendre beau aurait tué l'ambiance et ça Peckinpah l'a saisi en donnant à son oeuvre une atmosphère brumeuse et inquiétante à la limite du glauque. Sa mise en scène est étudiée et très intelligente, la dernière demi-heure est vraiment suffoquante, il est admirable de voir comment le cinéaste a su créer cette tension qui montre crescendo avant d'exploser, un peu à la manière du personnage principal qui de proie passera à prédateur pour survivre à ses assaillants remplis de haine et comparables à de véritables animaux.

Dustin Hoffman est excellent dans un rôle pas franchement évident de mathématicien introverti qui atteindra son point de rupture sous une pression féroce. Le film en lui-même n'est pas banal d'ailleurs, les façons de survivre et de se défendre ne sont pas académiques et le propos du film empêche tout cliché, ici l'homme est remis à sa place, l'instinct prend le dessus sur la raison ou les sentiments, la haine et la violence se nourissent de cette peur viscérale qui paralyse ce personnage. Bon dieu que ce film est intelligent! Les actes choquent mais Peckinpah ne fait du voyeurisme malsain, le malaise du spectateur nait de l'acte.
La musique est plutôt bonne aussi, discrète, elle n'appuie pas lourdement l'action et contribue malgré tout à l'ambiance inquiétante du film avec une subtilité très appréciable. En fin de compte j'ai adoré ce film qui m'a vraiment marqué par son intelligence, son propos, le traitement de son propos et bien sûr par cette ambiance magnifiquement maîtrisée par un grand cinéaste.
Moorhuhn
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le 11 sept. 2012

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Moorhuhn

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