Un très bon film de kung fu qui suit 5 moines Shaolin survivants d'un massacre organisé par les Mandchous, obligés de préparer la résistance pour faire tomber l'oppression.
En connaissant quelques films de Chang Cheh où le sadisme s'ajoute au combat, ce 5 maîtres de Shaolin surprend par le regard posé sur les valeurs qui soudent ces moines en quête de justice et de liberté. La caméra ne les lâche plus dans les nombreux paysages en plan large devenus un environnement pour la fuite, un terrain d'entrainement et de combat.
Autour d'un David Chiang, meneur sans une once de condescendance, qui sait faire part de sa sagesse à chaque séquence, nos fugitifs vont de l'avant avec le doute et la fragilité inclus dans leurs arts martiaux insuffisants pour démolir 5 boss aux qualités de coups indéniables.
Boxe de la mante, hache volante, longue natte vicieuse, clés de bras brutaux, jumeaux rapides et complémentaires, ce sont autant de techniques qui confèrent à ces hommes une réelle menace pour entretenir des scènes de combat chorégraphiées aux petits soins provoquant une extase maximum devant l'écran.
D'ailleurs l'intensité des combats participent au développement des personnages en proie à se surpasser eux-mêmes face à un danger mal analysé (la résistance de Tsai Te-chung mise à mal, la témérité de Li Shih-kai qui coûte un mort). En un parcours, cinq temps forts bien découpés permettent de donner à chacun ses moments de gloire dans la fuite, la rencontre de l'intermédiaire, le premier face-à-face avec son adversaire attitré, l'entraînement intensif et le combat final.
Chang Cheh continue sa contemplation du corps qui se meut, esquive et frappe direct dans un cadrage bien composé avec le paysage avant de solliciter le langage visuel propre au film de kung fu : plan large au zoom direct sur le visage en gros plan. Avec ce léger soupçon de western où les colt sont remplacés par des mains agiles, le parfum de la violence va régner et si Chang Cheh passe en retrait sa matière préférée, la torture, les dégâts corporels des combattants seront bien visibles.
Par contre, c'est toujours difficile de se faire à ce style de mort qui parcourt ce film ainsi que d'autres titres de kung fu sans rire aux éclats. En effet, un personnage touché sur le point de crever, aura la force nécessaire de faire un salto arrière avant de décéder définitivement. Les jumeaux vicieux font tout en double en synchronie alors imaginez la manière dont ils meurent !
Ce sera toujours un plaisir de vibrer sur un Chang Cheh et la découverte de ce 5 maîtres de Shaolin est à la fois épique, émotionnel, drôle (avec le personnage Mao Chao-hsing, le benêt pas si benêt) et attractif dans la qualité des combats.
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