En 1954, Le réalisateur Raoul André, tel un militant d'une ligue de vertu, est en mission ; il tourne, avec le même scénariste, avec les mêmes Nicole Courcel, Philippe Lemaire et d'autres, "Marchandes d'illusions", dans lequel il dénonce la prostitution de trottoir, et "Les clandestines" où il alerte à propos des réseaux occultes de call-girls, avec maquerelle distinguée.
On ne peut pas dire que le cinéaste entre dans le vif du sujet ; il suit plusieurs directions avec l'intention de les faire converger et de créer quelques effets de surprise. Malheureusement, on a l'impression de perdre son temps et c'est surtout une mise en scène brouillonne et un récit inutilement sinueux que propose Raoul André.
D'autant que les personnages sont tellement faux qu'ils discréditent le sujet. Philippe Lemaire, qui découvre le pot-au-rose des clandestines, surjoue jusqu'au grotesque ; Nicole Courcel, en oie blanche qui fait un pas en avant, un pas en arrière (dans la prostitution), est dans une composition agaçante de mièvrerie et d'affectation.
En fait, André réalise un drame bourgeois et puritain ; ce mode illustratif et théorique ne risque pas d'éveiller les consciences.