2
2385 critiques
SurgeryHub!
Je n'ai pas vu un nombre incroyable de films de David Cronenberg, mais suffisamment pour me faire une idée assez précise de ce qu'est son cinéma et sur le fait que je préfère largement la partie...
le 28 mai 2022
Après quelques années à badiner plutôt habilement avec la violence symbolique (Cosmopolis, A Quiet Method, Map to the Stars), la promesse d’un Cronenberg retourné à la mutilation de corps en chair et en os avait de quoi faire rêver. Entre en scène Les Crimes du futur, qui double son postulat de rêve (une société post-douleur et post-sexe littéralement tournée vers l’intérieur) d’un modeste vertige méta : tiens, son titre n’est-il pas celui d’un autre film de Cronenberg ?
L’on retrouve, des Crimes du futur de 1970 (faudrait-il le renommer Les Crimes du passé ?) l’idée troublante d’organes à la croissance spontanée. Faut-il en faire l’ablation ? Pourquoi pas, au nom de l’art. Ou serait-ce au nom du sexe ? Ou peut-être en celui de la préservation humaine. Non non, c’est bien d’écologie dont il est question. À moins que ce ne soit de reproduction ? De filiation ? Si vous ne vous y retrouvez pas, ne vous inquiétez pas : Cronenberg non plus. Les Crimes du futur s’apparente à ce qu’il aurait dû être, à savoir un film à sketch certainement plus en adéquation avec son titre. Les pistes sont jetées puis abandonnées, moyennement cousues entre elles par des scènes de body horror datées et teintées d’érotisme dépassionné. Ennui poli.
Le scénario, délibérément confus sur les conditions du chaos environnemental de son décor de SF fauchée ou même sur la condition physique de ses personnages apparemment imperméables à la douleur (sauf artistique !) n’hésite par contre pas à rappeler trois ou quatre fois que le sarcophage d’autopsie sert… à faire des autopsies. Il serait dommage de passer à côté de ce qui compte vraiment. Les dialogues, mélange d’exposition, de platitudes et d’inepties lyriques, sont ainsi débités par des interprètes visiblement noyés dans des personnages pourtant sans profondeur. Cronenberg a le mérite d’en tirer quelques blagues, mais faute de rythme, elles aussi tombent à plat. Ennui poli.
La mise en scène est au diapason : plan d’ensemble, champs-contrechamps, emballé c’est pesé. Mais les critiques nous susurrent que le film ne manque pas de vision : faut-il voir dans l’écharpe noire de Viggo Mortensen un double du masque chirurgical de la pandémie de Covid ? Dans le corps d’un enfant bleui par la mort une prédiction de l’atroce fusillade d’Ulvade aux États-Unis ? Dans les carcasses de bateaux un échec des accords de Paris ? Rien de tout ça, puisque Les Crimes du futur n’en fait rien, tout occupé qu’il est à chercher du trouble dans le corps glabre de Léa Seydoux, charcuté mollement par des scalpels en CGI. Ennui poli… et dépolitisé.
Créée
le 26 mai 2022
Critique lue 3.3K fois
2
2385 critiques
Je n'ai pas vu un nombre incroyable de films de David Cronenberg, mais suffisamment pour me faire une idée assez précise de ce qu'est son cinéma et sur le fait que je préfère largement la partie...
le 28 mai 2022
3
121 critiques
Après quelques années à badiner plutôt habilement avec la violence symbolique (Cosmopolis, A Quiet Method, Map to the Stars), la promesse d’un Cronenberg retourné à la mutilation de corps en chair et...
le 26 mai 2022
1
382 critiques
Ce film d'Epouvante - Horreur est de David Cronenberg .Une histoire à dormir debout !Allô mais non c'est quoi ce film ? Quel horreur !!!Malgré un bon casting avec Viggo Mortensen , Kristen Stewart ,...
le 9 juin 2022
5
121 critiques
Les détracteurs du genre auront tôt fait d'agglomérer toutes les comédies musicales du septième art, nonobstant leur grande diversité, en un magma indifférenciable de sentimentalisme neuneu et de...
le 30 janv. 2017
2
121 critiques
En 1951, le jeune et fringant peintre Jerry Mulligan débarque à Paris pour y devenir artiste, et sans tout à fait y parvenir, trouve malgré tout l'amour, le véritable amour, celui qui se déclare...
le 10 oct. 2020
4
121 critiques
Le monde va mal! Et tout en assistant à sa décadence, ses plus illustres ancêtres, Adam et Eve (tout un programme symbolique, j'aime autant vous prévenir) se repaissent de leur chair mutuelle. Voilà...
le 20 févr. 2014
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème