Les culottes rouges distinguent, dans les stalags allemands pendant la guerre, les prisonniers français assidus aux tentatives d'évasion. L'impulsif et courageux Antoine est de ceux-là.
Le film, malgré quelques accents plus sérieux, est une comédie. Qu'on ne s'attende donc pas à trouver dans le film de Joffé un quelconque réalisme à propos de la captivité des soldats français, qui est ici comme une villégiature. Les sentinelles allemandes sont d'ailleurs un élément du décor, pas davantage. Le film perd déjà de cette façon une grande part de l'attention ou de l'intérêt qu'on pouvait lui porter.
En attendant de pouvoir s'évader, Antoine (L.Terzieff) est contraint de cohabiter avec le dénommé Fendard, le type même du trouillard attentiste, qui s'est créé son petit confort dans le stalag. Entre les deux, Joffé installe un antagonisme très convenu, l'un surjouant l'arrogance et la méchanceté, voire la cruauté, l'autre -Bourvil bien sûr- se complaisant dans le rôle de souffre-douleur et dans la franchouillardise.
On voit bien que l'objectif des auteurs est, pour Antoine et pour Fendard, de dessiner une ambivalence; mais le scénario est trop terne et convenu et les situations de comédie trop élémentaires pour donner de l'épaisseur aux deux personnages lesquels sont très vite ennuyeux et lisibles.
A l'image du stupide spectacle de travestis que préparent les prisonniers, le film n'est pas drôle et sa mise en scène vieillotte.