Un doux naufrage réveille une nostalgie oubliée

Voici une merveilleuse découverte. Ce film d'une innocence rare, sculpté sans artifice, à l'opposé des blockbusters dont nous sommes bombardés, vous bercera dans une douce mélodie d'émotions et de tendresse.


Le jeu d'acteurs est tout bonnement excellent. Maggie Smith (Janet) et Judi Dench (Ursula), rien qu'avec leur nom, évoquent déjà une longue carrière laissant des interprétations impressionnantes. Sachant qu'elles sont amies de longues dates, nous comprenons nettement mieux leur complicité si naturelle devant la caméra.

Quant à Daniel Brühl (Andrea), cet acteur est un réel bijou (je vous recommande fortement "Good Bye Lenin!" et "Inglorious Basterd" où il joue ses plus grands rôles). Sa maîtrise parfaite des langues est toujours aussi épatante et sa sensibilité remarquable émeut constamment le spectateur à travers ses prestations.


Nous développons aisément de l'empathie pour les personnages. Ils dégagent tous quelque chose d'attachant : ces deux sœurs aimantes, ce village joyeux, cet étranger sortant ces hôtesses de la lassitude. Même la farouche Dorcas (Miriam Margolyes), avec ses airs durs, révèle une personnalité charmante, à mesure que nous la découvrons.

L'amour qu'éprouve Ursula pour Andrea est totalement bouleversant. Cette relation est une belle métaphore de la nostalgie et du temps qui passe. Ursula qui a déjà vécu sa vie voit dans ce beau garçon la jeunesse qu'elle a elle-même perdue. Au début, elle tombe amoureuse de lui comme un premier amour : elle est impatiente de le voir, elle l'attend constamment...Néanmoins, elle se rend bien compte que cet amour est impossible, notamment en étant confrontée à Olga (Natascha McElhone) qui est tombée dans l'œil d'Andrea.

Lorsqu'ils partent tous les deux pour Londres, évidemment, elle éprouve une tristesse immense (scène particulièrement touchante). Toutefois, elle nous dévoile son soutien et son amour devenu presque maternel pour Andrea, par exemple quand elle assiste à son concerto.

Hormis Ursula, l'amour de Janet est tout aussi beau. L'amour fraternel, l'amour d'une sœur qui est prête à faire des actions insensées pour ne pas créer de la peine à Ursula. En outre, les liens que tissent rapidement Andrea avec les sœurs au-delà de la barrière de la langue, ainsi que les efforts qu'ils font pour communiquer, donnent une bonne dose de baume au cœur. Ou encore, l'intégration d'Andrea et l'admiration qu'il suscite de par son jeu de violon exquis…

Enfin bref, je pourrais continuer plus mais je pense que ce n'est pas nécessaire :). Je rajouterais juste que ce petit bond dans les années 30 avec ces vieux costumes et ces décors campagnards soulignent de plus belle cette nostalgie naturelle sans tout ce matérialisme actuel.

Si vous avez un cœur à vif, eh bien il est possible qu'une larme se soit écoulée lentement le long de votre joue, sans que vous vous en rendiez compte...

macrolepiota
8
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le 1 juin 2026

Critique lue 24 fois

macrolepiota

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